Ironie du calendrier ou symbole de l’histoire : alors que le Gabon célèbre, ce 30 août, la deuxième commémoration de la " Libération nationale ", Kelly Ondo et plusieurs de ses compagnons d’infortune, condamnés pour le coup d’État manqué du 7 janvier 2019, ont été remis en liberté au petit matin. Une décision qui marque la fin de près de sept années d’incarcération à la prison centrale de Libreville et qui résonne comme un geste politique fort en cette journée hautement symbolique.
À sa sortie, l’ancien militaire s’est exprimé devant un parterre de proches et de soutiens. Très ému, il a d’abord tenu à rendre " un vivant hommage » à ses hommes tombés lors de l’assaut raté du QG de la Radiotélévision gabonaise en 2019. " Ils ont payé du sacrifice suprême notre engagement pour la défense des intérêts supérieurs de la Nation et la restauration de la dignité du peuple gabonais ", a-t-il déclaré d’une voix grave.
Évoquant le long combat judiciaire qui l’a mené d’une condamnation à perpétuité, puis à 15 ans d’emprisonnement, à une remise en liberté anticipée, Kelly Ondo a invoqué " la justice divine face à la justice des hommes ". Il a cité les Écritures, salué " le Dieu de Joseph et de David " et repris l’adage latin : vox populi, vox dei – " la voix du peuple est la voix de Dieu ".
l’ancien putschiste a aussi tenu à remercier " le peuple gabonais pour son soutien indéfectible ", ainsi que le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, qu’il a qualifié " d’instrument de Dieu et du peuple " pour avoir permis cet acte de clémence. Un mot de gratitude a également été adressé aux agents de l’administration pénitentiaire, appelés par lui " les anges gardiens de la prison centrale ", qui auraient œuvré à préserver son intégrité physique et morale durant ces longues années d’isolement.
Pour l’heure, Kelly Ondo et ses compagnons savourent un retour à la liberté qui, pour beaucoup, tient autant du symbole que du hasard du calendrier.
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