Le mercredi 30 août 2023, le Gabon a tourné une nouvelle et importante page de son histoire politique. Tous les corps d'armée réunis ont décidé de mettre un terme au malaise politique provoqué par les élections générales organisées pour la première fois dans notre pays. Sitôt les résultats de la présidentielle proclamés, les militaires sont entrés en action. Chronologie des événements.
Il est à peine 5 heures, lorsque des officiers des corps de défense et de sécurité, réunis au sein du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), font une déclaration sur les antennes de notre confrère de Gabon24, au cours de laquelle ils décident de ''défendre'' la paix en "mettant fin au régime en place". Et de facto, "les élections générales du 26 août 2023, ainsi que leurs résultats tronqués sont annulés", a déclaré le Porte-parole du CTRI, le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi. Déclarant au passage dissous les "institutions de la République" : le gouvernement, les deux chambres du Parlement, la Cour constitutionnelle, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) et le Centre gabonais des élections (CGE).
Vers 6 heures du matin, plusieurs véhicules à bord desquels ont pris place des militaires et des policiers vont sillonner les quartiers et artères de Libreville, Akanda et Owendo afin d'informer les populations de ce qu'ils avaient pris le pouvoir et surtout leur demander de garder le calme en restant chez elles. Tous les quartiers ont ainsi vu défiler les chars et les grands camions afin de rassurer tout le monde.
Internet, coupé depuis trois jours, est progressivement rétabli entre 8 heures et 9 h 30. Malgré les rumeurs, les audios et les images photos et vidéos qui circulent sur la toile, personne ne sait encore qui est véritablement à la manoeuvre. Même si certains ont déjà leur petite idée dans la tête.
Dans la même journée du mercredi 30 août en fin d'après-midi, les choses se clarifient. Un autre communiqué, lu sur les antennes du même confrère, précise les choses. "Le général Oligui Nguema Brice a été désigné à l'unanimité président du Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions, président de la transition", a déclaré le Porte-parole de la Transition, en présence de dizaines d'officiers supérieurs et généraux, qui représentent tous les corps de l'armée gabonaise. Une décision qui fait suite à une réunion des membres du CTRI à la présidence de la république.
Si la durée de la transition n'a pas été précisée, il revient que les putschistes ont maintenu le couvre-feu "jusqu'à nouvel ordre". Il a été allongé d'une heure. "Dès demain, les Gabonais pourront à nouveau librement vaquer à leurs occupations entre 6 heures et 18 heures La restriction de circulation reste en vigueur de 18 heures à 6 heures du matin jusqu'à nouvel ordre", a poursuivi le colonel Ulrich Manfoumbi Manfoumbi.
Dans la foulée, il a également annoncé le rétablissement de la diffusion des médias suspendus samedi dernier. Cette "interdiction provisoire de diffusion", a-t-il précisé, visait exclusivement des médias francophones : France 24, RFI et TV5 Monde. Et d'ajouter que le nouvel homme fort du pays "ordonne la reconnexion de la fibre optique et le rétablissement des chaînes radios télévisées internationales".
Un peu plus tôt, les mêmes militaires indiquaient, toujours à travers un communiqué, que "Monsieur Ali Bongo est gardé en résidence surveillée. Il est entouré de sa famille et de ses médecins". Tout comme Noureddin Valentin, Ian Ghislain Ngoulou, Steeve Diecko, Cyriaque Mvourandjami et bien d'autres sont mis aux arrêts. Les militaires leur reprochent de nombreux faits, notamment "haute trahison contre les institutions de l'État", "détournement massif de deniers publics" ou encore "falsification de la signature du président de la République".
Tel a été le déroulé de la journée de mercredi 30 août 2023 qui restera gravée dans l'Histoire du Gabon.
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