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Économie

Eau potable : Suez face aux blocages ?

Brice Clotaire Oligui Nguema, président du Gabon

La crise hydrique persiste. Et les ménages n'en peuvent plus. Le gouvernement a dû prendre des mesures d'urgence, avec la volonté de soulager les consommateurs. Sans cependant garantir que cette solution produira les effets escomptés.

Depuis la semaine écoulée, les réunions se multiplient entre la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) et Suez, à la présidence de la République, à l'initiative du chef de l'État Brice Clotaire Oligui Nguema. Le groupe français, qui a réalisé un audit technique sur le réseau de la SEEG, a été engagé pour accompagner le Gabon dans la résolution de cette crise. Cette assistance technique s'articule autour de 16 actions. Et le lancement effectif est intervenu le 12 mars dernier. Suez international doit intervenir dans la production, le transport et la distribution de la ressource, ainsi que dans la gestion de la clientèle. Dans le détail, cet opérateur a pour mission précise de s'occuper de l'analyse de l'état des canalisations, la recherche et la réparation des fuites dans les réseaux du Grand Libreville ; mais aussi du redimensionnement et du remplacement des équipements prioritaires sur l'ensemble du territoire, en partenariat avec Saint Gobain PAM.

Alors que le partenaire français commençait à déployer le programme objet de sa présence au Gabon, des freins seraient apparus, selon des sources proches du dossier. Des blocages liés aux absences répétées des agents de la Société d'énergie et d'eau du Gabon sur le terrain, selon certaines indiscrétions.

En fait, lors des visites conjointes programmées, les équipes de Suez international se seraient retrouvées seules sur les sites pendant plusieurs heures, faute de présence de la SEEG. Bloquant ainsi l’avancement des diagnostics.

De même, une commission technique, obligatoire et mandatée par l’administrateur directeur général de la SEEG s’est réunie une première fois. Le rapport, sanctionné par son président et son secrétaire général, n’a pas été signé par le personnel de la SEEG. Motif invoqué : le rapport mentionnait que l’administrateur-directeur général de la SEEG avait fait irruption pendant la séance pour donner des orientations hors du mandat de la commission, perturbant ainsi ses travaux.

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Mis au courant de ces blocages récurrents, le président de la République a instruit les parties prenantes de travailler en étroite collaboration pour l'accomplissement du projet qui vise, pour le Grand Libreville, à augmenter la capacité de production, de stockage et de distribution de l'eau potable.

Les sources habituelles d'approvisionnement (Nzémé et Mbè) ne pouvant plus satisfaire les besoins, il est question aussi de capter l'eau depuis les rivières Komo et Bokoué à Kango. La finalité est de permettre au groupe français de mettre en oeuvre, "sans délai ni entrave", les solutions techniques nécessaires pour sécuriser l’accès à l’eau des populations, conformément aux recommandations de l'audit technique fait par Suez international.

La multinationale française a déjà volé au secours de la SEEG, à la suite des crises qu'elle a rencontrées en 1989 et 1996. Le chef de l'État attend donc des résultats similaires.

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