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Société & Culture

Auguste Moussirou Mouyama : la ''Parole de vivant'' s'est tue

Auguste Moussirou Mouyama, écrivain gabonais

L'univers des lettres gabonaises et le monde académique national, voire africain, sont en deuil. Auguste Moussirou-Mouyama, un des brillants représentants de ces deux communautés a tiré sa révérence dans la nuit du 22 au 23 février 2026 à Arras, en France, à l'âge de 67 ans. Bien que le sachant souffrant depuis plus de trois ans (victime d'un AVC dont il s'était remis il y a quelques années mais passablement affaibli) l'annonce de son décès, hier au petit matin, a suscité stupeur et onde de choc dans le milieu universitaire et artistique. Tous ceux qui l'ont connu ou côtoyé sont unanimes : l'homme était affable, doté d'une vivacité d'esprit et d'un admirable sens de l'humour. Un trait de caractère qu'il a su garder même dans ce long combat digne qu'il a mené contre la maladie, selon ceux qui l'ont rencontré ces dernières années. Intacts aussi sont restés son sens de la formule juste et ce jeu des mots et des sens qu'il maniait à merveille.

Au-delà de ses qualités humaines, Auguste Moussirou Mouyama était surtout une figure axiale de l'intellectualisme gabonais, reconnu pour sa rigueur intellectuelle basée sur des travaux à l'intersection de la linguistique (sa formation initiale), de la sociologie et de l'analyse politique.

À l'Université Omar-Bongo (UOB) où il était maître de conférences HDR en linguistique, celui qui fut également directeur général de l'École normale Supérieure (ENS) de Libreville avait formé plusieurs générations d'étudiants à la pensée critique sur le langage sans abstraction sur la société d'où découle ce langage. Écrivain, Moussirou Mouyama fit sensation en 1992 avec la parution de son premier roman ''Parole de vivant'' publié chez l'éditeur parisien L'Harmattan. De par sa profondeur et sa portée esthétique, l'ouvrage, salué dès sa sortie par la critique, s'imposa et propulsa qualitativement la littérature gabonaise sur la scène africaine et au-delà. Dans un entretien exclusif accordé à L''Union à la sortie du livre, l'auteur relève que ''l'artiste ne crée que lorsque le corps a mal'', parlant de la littérature gabonaise que d'aucuns présentaient à l'époque comme ''Une littérature du silence''.

Romancier, essayiste, poète (Lettres à ma soeur) et même dramaturge (il a écrit une pièce inédite sur le mythique Maréchalat Roi-Dieu), Auguste Moussirou laisse à la postérité une abondante et inspirante oeuvre.

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