Aller au contenu principal
Société & Culture

Élections professionnelles : vote serein malgré le rejet du processus

Une phase du scrutin mercredi à Martine Oulabou

École pilote du centre ce 13 mai, le vote pour le 2nd tour des élections professionnelles va déjà bon train. On papote, on se chahute. De temps en temps, un enseignant entre dans la salle dédiée au vote. Il vérifie son nom sur la liste électorale, prend les bulletins disposés sur une table, récupère une enveloppe, passe par l'isoloir puis glisse son choix dans l'urne transparente. Et ainsi de suite.

Dans cette petite salle aménagée pour le scrutin, les votants se succèdent. Pour Henriette Akewa, présidente du bureau de vote, il s'agit ici d'une reprise, le vote n'ayant pas pu se tenir au premier tour. Et jusqu'ici, assure-t-elle, tout se passe plutôt bien.

À l'École pilote urbaine du centre, le vote n'avait pas encore commencé au moment de notre passage. Mais le matériel électoral était déjà là et les derniers réglages en train d'être finalisés. Peu après, les enseignants inscrits sur la liste électorale sont appelés à voter. Ils ne se font pas prier et très vite la salle se remplit.

Dans plusieurs établissements, le premier tour n'avait pas eu lieu. Alors on reprend. Même si certains regrettent de ne pas avoir vu les candidats battre campagne ou défendre leurs programmes. Beaucoup disent donc se baser sur le passé, ou encore sur les faits d'armes des leaders syndicaux pour faire leur choix.

Représentante du Syndicat de l'Education nationale (Sena), Florence Kama ne trouve d'ailleurs pas grand-chose à redire sur le déroulement des opérations. Du moins jusqu'ici, dit-elle, tout se passe dans les règles de l'art.

À Martine Oulabou, tout semble se dérouler aussi normalement. Ici, certains pensent surtout qu'il y avait trop de syndicats en lice. Vingt-cinq (25) au total. Pour eux, le vote doit justement permettre de réduire le nombre d'organisations appelées à défendre les travailleurs autour de la table des négociations.

De l'autre côté, tête de file des 14 centrales syndicales ayant appelé au boycott, Emmanuel Mve Mba, continue de contester la tenue de ce second tour. Selon lui, le premier tour n'a jamais été correctement achevé ni validé.

Ces centrales affirment notamment que dans plusieurs administrations cas de l'Éducation nationale ou de la Santé, des postes seraient déjà pourvus, rendant inutile un nouveau scrutin. Elles dénoncent également la création des "délégués administratifs" dans la Fonction publique, perçue comme une menace pour les libertés syndicales.

Les organisations frondeuses demandent donc au chef de l'État d'annuler le processus actuel et de mettre en place une commission électorale plus inclusive réunissant gouvernement, patronat et partenaires sociaux.

Une position que rejoignent, dans une moindre mesure, le Syndicat national des magistrats (Synamag) et celui des gre ers qui, selon la presse judiciaire gabonaise, disent se désintéresser des élections tant qu'elles resteront organisées dans un cadre jugé "juridiquement incertain".

Et ce n'est pas tout. À la Caisse des pensions et des prestations familiales (CPPF) des agents de l'État aussi, le dossier fait du bruit. Sur place, aucun vote n'a été organisé ni au premier tour ni au second. Les syndicats accusent la direction générale de bloquer le processus. La direction, elle, affirme que la commission électorale n'aurait pas envoyé d'équipes le 28 avril (date du 1er tour) et assure que le dossier est désormais entre les mains de la tutelle.

random pub

Carnet Rose
Face à L'Union
Chaine WhatsApp L'Union
image
Logo