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Chroniques

Owendo : À quand la fin du calvaire ?

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Quatre jours sans électricité. Quatre jours de néant total pour 70 000 à 100 000 foyers du sud de Libreville, précisément à Owendo et dans ses environs, à la suite d'un incident sur le poste de la centrale de la SEEG qui n’est pas seulement un incident de plus, mais le symptôme d’une structure à bout de souffle, incapable de tenir ses engagements.

Face au tollé, le vice-président du gouvernement, Herman Immongault, a réuni tous les acteurs autour de la table. Il était temps, car le silence aurait été un aveu d’impuissance. Alors que les Gabonais ne veulent plus d’explications techniques sur les causes et autres, attendent du courant dans leurs foyers. Et des comptes.

L’Exécutif a marqué sa préoccupation en exprimant sa claire volonté à résoudre la crise par des dispositions qui divisent, selon qu’on les subit ou qu’on les observe de loin. Des compensations sur la facture Edan seront appliquées aux clients sinistrés, promet le gouvernement. Des cellules de terrain vont quadriller les quartiers pour expliquer aux populations les causes du sinistre, pour que les inventaires soient faits correctement. Concrètement réalisable ? Beaucoup en doutent, échaudés par les lourdeurs et les obstacles habituels de ce type d’opération, et aussi et surtout la communication souvent défaillante dans ce genre de crise.

Dans tous les cas, des voix s’élèvent pour dire que c’est le minimum. Mais, une certitude est que le minimum ne suffit plus après un tel drame. Surtout que les délestages sont devenus quasiment une seconde nature. Les plans d’urgence s’empilent, la SEEG promet, l’État arbitre, oriente, mais les usagers eux continuent malheureusement de trinquer. Face à cela, la question n’est plus de savoir quand le courant sera rétabli (la reprise a été effective dans plusieurs coins d'Owendo), mais pourquoi on enregistre encore des pannes d'une telle ampleur alors que des investissements sont opérés ?

Il reste que la population ne croira aux annonces qu’à l’épreuve des faits. Un geste sur une facture n’efface ni un congélateur vidé, ni une journée de chiffre d’affaires envolée, ni une nuit sans sommeil. La crédibilité se mesurera, désormais, à l’exécution et à la mise en oeuvre des engagements pris sur la base d’un calendrier chiffré et une remise à niveau du réseau défectueux. Le gouvernement qui a pris ses responsabilités en montant au créneau, doit maintenant imposer les mêmes exigences à "Dame SEEG". Car tant que l’électricité restera une denrée rare, un luxe pour de nombreux usagers, tout ce qui tourne autour des réformes demeurera un simple voeu.

Cela dit, même si des efforts ont été déployés pour résorber la crise ponctuelle d’Owendo, la question demeure entière pour le gros des populations du Grand Libreville, victimes de coupures récurrente: A quand la fin du calvaire ?

La réponse appartient à ceux qui gèrent les mégawatts. Les Gabonais, eux, attendent de l'électricité, des actes et plus seulement des réunions, des effets d’annonce et des plans sur le papier. Le défi imposé au gouvernement, aux dirigeants de la SEEG étant clair, ils ont l'obligation de le relever.

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