Une nuit comme les autres. Il est 22h au Centre hospitalier universitaire Mère et Enfant ou "Jeanne Ebori" de Libreville. Un enfant, 8 ans environ, inconscient, les yeux révulsés, transporté par son parent, avec une perfusion à la main, revenant tout droit de l’Hôpital de la coopération égypto- gabonaise, se doit d'être admis en réanimation immédiatement car chaque seconde compte.
Il faut un brancard. Le service d’accueil lâche : "Le brancardier est rentré chez lui". Le parent, résigné mais déterminé, n'a plus d'autre choix que de porter son enfant jusqu’en réanimation.
Une situation insoutenable et indigne. Car la sécurité et le bien-être des patients ne devraient jamais être tributaires du hasard ou de la bonne volonté des parents. Et le système hospitalier, censé protéger la vie, ne doit pas être un obstacle ou un repoussoir. Cette scène pour le moins inadmissible, illustre à lui seul un dysfonctionnement majeur : l'absence de personnel clé, le manque de protocole pour les urgences vitales et une responsabilité institutionnelle bafouée. Car comment un établissement de référence peut-il laisser un enfant en danger, faute de brancardier ? Comment expliquer à un parent que sauver la vie de son enfant dépend de la chance et de sa force physique ?
Des vies sont mises en jeu chaque jour dans nos hôpitaux publics du fait de l'insouciance et de la légèreté affichées par certains maillons de la chaîne de santé.
L’hôpital ne peut pas être une machine à improvisation. La présence effective du personnel et le respect des protocoles ne sont pas des options, mais des exigences vitales. Un enfant en danger, une urgence ignorée, c’est l’image effrayante d’un système en faillite qu'il est temps de changer. De performer
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