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Chroniques

[Tribune des partis politiques] - "Écarter ceux qui ont mis le pays par terre"

Alix-Ida MUSSAVU-KOMBILA , journaliste à L'Union

Le débat sur le Code de nationalité reste de plain-pied dans l’arène politique. Et pour cause, derrière les textes, une vieille question politique revient sur la table : qui doit gérer le pays, et surtout à qui peut-on encore faire confiance ? Mieux, comment protéger l’État ? C'est du moins, ce qu'estime le parti au pouvoir qui l'a remis au goût du jour le week-end écoulé.

De l'avis de l'Union démocratique des bâtisseurs (UDB), via son conseiller stratégique national, Séraphin Moundounga, après des années de "chaos", plus question de confier des fonctions sensibles à des personnes dont l’attachement au pays est incertain. “Si le pays est tombé par terre, c'est parce qu'il y a certaines fonctions qu'on a données à des gens dont on ne sait pas d'où ils viennent”, a-t-il affirmé. À l’UDB on estime que le chaos d’hier doit servir de leçon pour éviter les mêmes erreurs demain. Selon Séraphin Moundounga, certains ont géré le pays comme une escale avant embarquement, prenant ce qu’il y avait à prendre, puis direction l’aéroport dès que la météo politique est devenue mauvaise. L’idée est d'éviter que le Gabon ne redevienne un terrain d’opportunités pour des responsables plus attachés aux comptes bancaires qu’au drapeau.

Le discours trouve naturellement un écho dans une opinion fatiguée des scandales, des détournements et des fortunes construites pendant que les routes, les écoles et les hôpitaux cherchaient leur budget. Dans un pays riche de ses ressources mais pauvre en résultats, l’idée de protéger la souveraineté nationale séduit plus d'un. Et politiquement, le thème est habile. Parler de verrouillage institutionnel ou de filtre politique, rassure. Le nouveau Code de nationalité apparaît ainsi pour l'UDB comme une tentative de remettre un peu d’ordre dans la gestion de la République.

Mais les malheurs du pays viennent-ils uniquement de “ceux qui viennent d’ailleurs” ? Question sensible… Ce d'autant plus que, le problème n’a jamais été uniquement l’origine. Il s’appelle aussi impunité, clientélisme, corruption, culte du réseau avant celui de la compétence. Le chef de l’État lui-même, président fondateur de l’UDB, ne dit pas autre chose lorsqu’il insiste sur l’obligation de résultat, la lutte contre la corruption et la nécessité de promouvoir les compétences.

La difficulté est donc d’éviter que la protection de la souveraineté ne soit perçue comme une fabrication progressive de deux catégories de citoyens : ceux qu’on considère pleinement légitimes et ceux qui devront en permanence prouver qu’ils aiment suffisamment le pays pour le servir. En attendant, une chose est sûre, dans le pays, la nationalité n’est plus seulement une affaire d’état civil.

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