Le paludisme reste la première menace pour la santé publique au Gabon, avec près de 38 % des hospitalisations chez les enfants de moins de 5 ans. Preuve, malgré les campagnes de prévention, l’incidence et la mortalité demeurent alarmantes. Et derrière ces chiffres se dévoile une vérité gênante : la lutte contre le palu connaît un relâchement des autorités. Et les financements sont jugés insuffisants.
Des progrès médicaux ont été enregistrés : traitement préventif intermittent chez les femmes enceintes et généralisation du diagnostic biologique avant traitement. Mais ces efforts sont freinés par le manque de soutien concret aux acteurs de terrain. Associations, Centres de santé et Programmes de sensibilisation peinant à obtenir les fonds nécessaires pour assurer la distribution des moustiquaires imprégnées, augmenter le rythme des campagnes de dépistage et la formation continue des agents de santé.
La 19e édition de cette campagne nationale, lancée à Lébamba, chef-lieu du département de la Louétsi-Wano, dans la province de la Ngounié, a connu des activités de sensibilisation, de dépistage et de traitement avec un focus sur les plus vulnérables. Une question toutefois : comment inverser la courbe du nombre des paludéens si les moyens ne suivent pas ?
Du coup, l’automédication, l’usage irrégulier des moustiquaires et le retard dans la consultation médicale continuent d’alimenter la transmission, dès lors que l’État n’alloue plus les budgets indispensables pour soutenir la lutte quotidienne contre cette maladie.
Le Gabon dispose de stratégies efficaces, mais sans financement stable et volonté politique, ces initiatives restent fragiles. La lutte contre le palu n’est pas qu'un défi médical, elle est aussi un test de responsabilité pour le gouvernement. Sinon une urgence sociale. Ignorer cette réalité, c’est continuer à exposer les enfants, les femmes enceintes et les personnes âgées à une maladie pourtant évitable.
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