Aujourd'hui plus qu'hier, il n'est plus du tout aisé d'être maire de Libreville. La prise de cette Tour d'or s'apparente désormais à un cadeau empoisonné. Tenir les rênes de cette institution qui faisait rêver naguère devient une sorte de malédiction.
On en voudra pour preuve le nombre croissant des maires qui se sont succédé entre 2019 et maintenant : de Rose Christiane Ossouka à Léandre Zue, en passant par Eugène Mba, Christine Mba N'dutume-Mihindou, Adrien Nguema Mba (l'actuel ministre de l'Intérieur), Pierre Matthieu Obame Etoughe puis, à nouveau, Eugène Mba.
Une instabilité interne qui fait que la mairie de Libreville soit à l'image d'un manoir maléfique où règnent désormais la peur, l'angoisse et le malaise permanent. Une institution, certes noble, devenue le théâtre de comportements étranges et inexpliqués qui hantent ses différents occupants. En moins d'une décennie.
Une enquête menée en son temps par les services judiciaires de l'Hôtel de Ville révélait déjà des soupçons de concussion, de prise illégale d'intérêts, de corruption et de détournements dans la gestion des marchés municipaux sur la période couvrant 2001 à 2019.
À ce qui se voit, le temps passe mais le phénomène persiste. Les mêmes causes étant à l'origine des mêmes effets. Les valses enregistrées, en un temps record, à la tête de cette instance municipale, sont à tout le moins révélatrices d'un malaise assez profond, qui gêne aux entournures l'opinion observatrice.
Mais comme la crise est l'occasion d'une occasion, voilà qu’Eugène Mba, le “pestiféré” du régime déchu, renaît de ses cendres et revient par la grande porte.
Reste que devant cet état de grâce, la meilleure façon de prévoir l'avenir étant de le créer, comme le rappelait si bien le président Abraham Lincoln, il lui revient de s'entourer de tout ce qui sera propice à l'épanouissement de la municipalité de Libreville. Pour s'éviter le retour de manivelle d'une mairie hantée.
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