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Chroniques

[La Semaine] - Rude épreuve

ONDOUBA'NTSIBAH , journaliste à l'Union

Ce début de semaine s'avère particulier, au regard de l'évènement qui marque ce lundi et qui, sans doute s'inscrira dans les annales de la Ve République : la communication du président de la République devant les deux Chambres du Parlement réunies en Congrès. Un rendez-vous conforme aux dispositions de l'article 93 de la Constitution (lire par ailleurs).

Le moins que l'on puisse dire à ce stade par rapport au message du président Brice Clotaire Oligui Nguema c'est que la population gabonaise, confrontée à de nombreuses difficultés, est tout ouïe. Le corps diplomatique aussi.

Pour revenir à l'esprit de notre chronique, on soulignera que la semaine écoulée a connu une actualité plutôt dense. Malheureusement, il serait fastidieux de revenir sur tous les évènements ayant marqué cette actualité.

Dans ce sens, on notera, parmi les évènements et autres faits qui ont retenu notre attention, le lancement du projet de Kobe-Kobe, l'acte 3 du programme "un jeune, un taxi" (Taxi Gab), et la suspension du procureur général près la Cour d'appel, Eddy Minang.

Sur le premier sujet, soulignons qu'il s'agit d'un méga projet lancé par le chef de l'État, et qui devrait créer des dizaines de milliers d'emplois. Il prévoit un Terminal minéralier, un quai polyvalent et minéralier, une boucle ferroviaire et une zone de stockage cargo.

Ce projet vise aussi à faire du Gabon un acteur incontournable de la logistique régionale et un hub stratégique en Afrique centrale. C'est dire l'importance de ce projet qui engagera des sociétés à l'expertise avérée et venues d'horizons divers. Alors, il n'y a plus qu'à croiser les doigts et prier pour qu'il aille à son terme.

S'agissant de Taxi-Gab, notons que dans le cadre de la troisième phase dudit programme, 200 taxis ont été distribués à de nouveaux bénéficiaires. Présent à la cérémonie dédiée, le président Oligui Nguema a encore brillé par son côté sensibilisateur de ses jeunes compatriotes à qui il martèle le message selon lequel il n'y a pas de sots métiers...

Histoire de les encourager à s'intéresser davantage à l'entrepreneuriat et aux petits métiers. Par rapport à cet aspect des choses, il ne serait pas vain d'interpeller les autres acteurs quant à la nécessité pour eux de prendre, chacun à son niveau, le relais de cette sensibilisation. Cette tâche incombe aux membres du gouvernement, aux responsables des structures impliquées dans les différents projets, aux élus nationaux et locaux, et mêmes aux partis politiques qui soutiennent l'action du chef de l'État. Sans doute que ce message sensibilisateur, véhiculé de manière généralisée et redondante, finira par avoir un écho auprès de ses destinataires. Surtout s'il est accompagné de la vulgarisation des conditionnalités relatives à chaque projet.

Quant à la justice maintenant. Le fait le plus actuel et qui fait couler encre et salive depuis jeudi, est la suspension par décision du garde des Sceaux, dit-on, d'Eddy Minang de ses fonctions de procureur général près la Cour d'appel judiciaire. Son intérim sera assuré par Thalie Obone Nguema Edjo, magistrat hors catégorie.

Eddy Minang est un haut magistrat qui, aux yeux de nombre de Gabonais, s'est davantage révélé au grand public lors du "procès des Bongo Valentin". Son expérience et son rang préjugent de sa connaissance du droit...

La décision du ministre de la Justice a suscité moult commentaires, d'aucuns dénonçant un vice de forme. Pour notre part, nous rappellerons tout simplement que Eddy Minang jouit toujours de la présomption d'innocence. Quelle que soit la nature des faits qui lui seraient reprochés. Et malgré le proverbe selon lequel, "derrière une ombre, se cache une autre ombre."

Le moins que le puisse dire au regard de tout, c'est que ce cas, ajouté au scandale de l'Éducation nationale et à l'"affaire Bilie-By-Nze", met la justice gabonaise à rude épreuve.

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