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Chroniques

[Miroir du gouvernement] - Urgence d'agir !

Juste KOMBILE MOUSSAVOU, journaliste, Responsable Rubrique - Politique à L'Union

On savait la tâche du garde des Sceaux difficile ; on en a eu un aperçu le 16 mars dernier avec la mise en liberté de 274 détenus de la prison centrale de Libreville. Un événement parmi tant d'autres, révélateur des dysfonctionnements persistants qui minent le système judiciaire et qui placent le membre du gouvernement face à l'urgence d'agir.

Car, derrière les murs des différentes maisons d'arrêt du pays, se dresse une réalité bien cruelle et triste : des individus sont maintenus en détention au-delà des délais légaux. Soit parce qu'ils ont été condamnés et que la durée de leur peine est largement dépassée. Soit parce qu'ils ont été placés sous mandat de dépôt dans le cadre d'une procédure de flagrance, mais n'ont pas été jugés dans les temps prescrits par la loi. Comme pour nous rappeler qu'au fil du temps, la détention provisoire, conçue comme une mesure d'exception, est devenue la règle silencieuse d'une machine judiciaire qui s'est forgée sa propre logique froide et implacable. Et face à laquelle bon nombre de citoyens, de détenus et leurs familles sont impuissants et désemparés. Surtout qu'ils ne bénéficient presque pas d'indemnisations.

Mettre un terme à ces situations irrégulières procède donc de l'exigence d'un État de droit. Une exigence d'autant plus ferme et nécessaire que la Ve République se veut être un rempart contre toute forme d'abus, notamment de négation de la dignité des individus. Comment y arriver ? Selon de nombreux spécialistes, en mettant entre autres en place des magistrats dont la mission sera de veiller au suivi et à l'exécution des peines, tout en décidant de la mise en détention provisoire. Des juges qui ne sauraient être donc des simples tampons des réquisitions du parquet, mais de véritables protecteurs des libertés jouissant d'une indépendance certaine.

Tout naturellement, une telle initiative, selon eux, devra s'accompagner d'un accroissement de moyens et d'une amélioration des conditions de travail des magistrats afin de leur permettre, plus que jamais, de traiter les dossiers avec célérité et efficacité. Car comme l'indique une maxime : "Quand les prisons deviennent le miroir des dysfonctionnements judiciaires, ce n'est plus l'ordre qu'on protège, c'est le désordre qu'on administre".

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