Le 20 février à Paris, Ali Bongo Ondimba encore visiblement diminué, aurait signé une mise en demeure adressée au directoire du Parti démocratique gabonais (PDG), dont il veut reprendre les rênes. Il se trouve là, un stylo entre les mains, quasi muet, et presque invisible, si ce n'était l'ombre d'Ali Akbar Onanga Y’Obegue qui prend la parole à sa place. Quoi de plus symbolique que de voir le Distingué camarade président (DCP) être relégué au rôle de spectateur, sous la direction d'un autre homme, loin de son pays et de son parti ? La vidéo diffusée sur les réseaux sociaux ressemble à un remake raté d'un feuilleton politique où les protagonistes semblent avoir perdu le fil du scénario. Bref.
La mise en demeure ? Un monstre de 12 pages, somme le directoire mené par Blaise Louembe, d’évacuer le siège du parti à Louis d'ici au 6 mars. Faute de quoi la justice sera saisie. Un appel aux armes digne des grands classiques de la politique gabonaise. Mais l'ironie c'est que celui qui se présente comme le dernier rempart du PDG semble avoir plus de difficultés à expliquer son propre acte qu’à revendiquer la direction du parti. Ali Bongo Ondimba se contente de deux mots en retrait, la voix d'Ali Akbar Onanga Y’Obegue prenant toute la place dans ce ballet politique où la parole n'est plus que pure formalité. "Très bien", dit-il comme si sa volonté ne faisait aucun doute. Une réponse mécanique comme un comédien de théâtre répétant son texte sans en comprendre les enjeux.
Et que dire de son grand retour à la scène politique, après son annonce de "retrait de la vie politique et renoncement définitif à toute ambition nationale" ? Ah, la fameuse déclaration de septembre 2024, promise à entrer dans les annales de l'incohérence. Cette retraite semble n’avoir duré que le temps de digérer une déchéance mal digérée. "Je n’ai pas démissionné", clame-t-il dans son courrier, mettant en avant des statuts internes qui, à ce stade, semblent aussi poussiéreux que l'idée de gouverner un parti qui ne semble même plus l'attendre. Il revendique son poste de "président élu" du PDG depuis 2009, tout en faisant appel à la justice pour asseoir son autorité.
Mais, peut-il revendiquer le contrôle d’un parti tout en restant éloigné du pays et en déléguant sa parole à d'autres ? Pour l'heure, le spectacle continue avec un Ali Bongo qui semble plus spectateur que véritable acteur de son propre retour politique. Et ce qui est certain, c’est que le PDG se trouve pris au piège des luttes de leadership au sein des partis politiques après la disparition de leur figure tutélaire.
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