Le 17 février, la Haute autorité de la communication (HAC) a donc décidé, en son âme et conscience, après un constat pas du tout reluisant, de procéder à la suspension, à brûle-pourpoint, dans le respect stricto sensu de ses prérogatives, de l'utilisation des réseaux sociaux : TikTok, Facebook et YouTube sur l'ensemble du territoire national jusqu'à nouvel ordre.
Aussitôt, le lièvre était levé. Suscitant d'emblée un vif tollé et des débats pour le moins truculents au sein d'une opinion divisée entre les pourfendeurs qui jugent cette décision “impopulaire et anticonstitutionnelle”, et la partie défenderesse des décideurs qui, au-delà des cris d'orfraie, la considère par contre bénéfique pour le pays au regard des dérives à l'origine de cet état de fait. Celle-ci estime que cette mesure ponctuelle va aider à redessiner les contours de l'utilisation (nocive) des réseaux sociaux dans notre pays.
Les premiers s'arc-boutent sur la notion de la liberté d'expression telle que mentionnée dans la Loi fondamentale. Notre Constitution. Convaincus de ce que la “liberté est le droit de faire ce que les lois permettent”, comme l'écrivait Montesquieu. Mettant ainsi en avant “le droit de parler ou d'agir sans restriction, sans ingérence, ni crainte ou contrainte”. À l’inverse, l'autre opinion pense que toute liberté, même celle dite d'expression, s'arrête là où commence celle des autres. Une liberté qui ne doit nuire, porter atteinte à autrui et encore moins menacer l'habitacle national.
Pourtant, par-delà ces deux visions qui se contredisent, indépendamment du libre arbitre, il y a aussi l'exigence de la responsabilité de nos actes. Et nul responsable bien qu'admettant le pan positif des réseaux sociaux dans les recherches utiles, ne saurait se plaire de certains contenus servis à longueur de journée. Qui nous mettent à mal, en ce qu'ils heurtent nos moeurs et déroutent gravement notre jeunesse.
random pub
