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Chroniques

[La Semaine] - Effervescence autour d'une mesure

Anicet Magloire ONDOUBAS, Rédacteur en chef adjoint | Éditorial à L'Union

L'actualité a été intense au cours de la semaine qui s'est achevée hier. Et on peut noter sans risque de se tromper que cette intensité a été provoquée par la mesure prise par la Haute autorité de la communication (HAC) de suspendre les réseaux sociaux sur toute l'étendue du territoire national et ce, "jusqu'à nouvel ordre". Cette mesure a eu le mérite de susciter beaucoup de réactions de la part de divers acteurs, aussi bien institutionnels, politiques, qu’économiques, etc.. Une véritable effervescence que certains ont même qualifiée d'agitation...

Avant d’en dire davantage sur cette mesure, soulignons que parmi les évènements enregistrés lors de la semaine écoulée il y a, entre autres, l'ouverture de la première session ordinaire du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), et l'audition du ministre de l'Economie, Thierry Minko, à la Cour constitutionnelle.

Les échanges entre le membre du gouvernement et les juges constitutionnels a porté sur la requête introduite à la Cour par le député de la Transition, Jean-Valentin Leyama, pour demander l'annulation de la Taxe forfaitaire d'habitation (TFH). Face à Dieudonné Aba'a Owono et les siens, le ministre Minko a réfuté les prétentions du requérant en établissant la conformité de la TFH à la Constitution, ainsi qu'à l'ensemble des textes subséquents...

En attendant la décision de la haute juridiction, force est de relever que Jean-Valentin Leyama aura au moins le mérite d'avoir osé attaquer dans les instances compétentes cette taxe ô combien contestée par de nombreux Gabonais.

S'agissant de la session du CESEC, on retiendra, au-delà de la nature des deux thèmes sur lesquels porteront les travaux des conseillers, les idées émises par le président de ladite institution, Guy Bertrand Mapangou, dans son allocution de circonstance. Parmi celles-ci, l'"appel à la trêve sociale". Une démarche qu'il trouve "pragmatique face aux multiples émois qui traversent aujourd'hui le monde du travail.."

On peut se réjouir de constater que le CESEC nous (L'Union) emboîte le pas. Car, au début de la crise dans l'Education nationale, nous avons également émis l'idée d'une trêve sociale, la présentant comme susceptible de garantir la paix et la sérénité sur le front social. Surtout au moment où le Gabon sollicite un programme avec le Fonds monétaire international (FMI).

Pour revenir à la suspension des réseaux sociaux, on rappellera que la HAC a motivé sa décision par "la diffusion récurrente de propos diffamatoires, injurieux et haineux, la propagation de fausses informations, ainsi que des actes de cyberharcèlement et de violation de la vie privée...".

Dans le fond, personne ne peut nier que les faits dénoncés ici sont avérés. D'ailleurs d'aucuns se demandent pourquoi on les a laissés prospérer jusque-là. D'autant plus que leurs auteurs sont facilement identifiables. D'autres soutiennent que cet état de fait est justifié par l'absence d'une réglementation en la matière. D'où, des voix qui s'élèvent pour demander aux pouvoirs publics de légiférer dans cette matière. Le tout est de savoir combien de temps prendra cette législation, la mesure de la HAC courant "jusqu'à nouvel ordre"... Et quelle forme prendra-t-elle (loi, décret, arrêté ?).

Tout compte fait, même si certains ont contourné la mesure grâce au "virtual private network" (VPN), ce ne sera pas excessif de reconnaître que la mesure de la HAC, soutenue par le gouvernement, a tout de même un côté injuste. D'autant plus que ce ne sont pas tous les utilisateurs des réseaux sociaux qui sont auteurs des faits, vrais, dénoncés par la HAC. Il y a donc des innocents qui sont frappés de manière arbitraire.

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