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Espace Santé

[Espace Santé] - Hôpitaux : service public ou économie informelle ?

Rudy HOMBENET ANVINGUI, journaliste à l'union

Loin d’être un “acharnement”, notre chronique s’oriente une fois de plus vers les hôpitaux publics. Non pas pour soutenir l’action des agents réunis autour d’un tout nouveau collectif, mais pour s’interroger, en vue de les dénoncer, sur certaines pratiques qui, à force d’être répétées, tendent à se normaliser dans un univers où la santé des populations est pourtant la donne qui conditionne son existence.

Il y a un business qui s’enracine dans un Centre hospitalier universitaire (Chu) de la place. Des témoignages convergent vers l’existence d’un marché informel greffé aux soins. Et loin d’être isolé, le récit d’une patiente illustre les dérives qui y ont fait leur lit. Sans que cela n’émeuve personne.

Une anecdote. Arrivée au fameux Chu avec une douleur réelle et une orientation médicale claire, consulter un spécialiste, une patiente se heurte à un parcours imposé, déconnecté de toute logique de prise en charge efficace. Malgré trois consultations préalables chez des médecins généralistes, le passage par un généraliste lui est à nouveau imposé. Un rite administratif incontournable. Résultat : un diagnostic prévisible puis une nouvelle orientation vers un spécialiste.

Mais l’obstacle réel n’est pas médical. Il est organisationnel… et financier. La consultation externe, saturée, devient un goulot d’étranglement. C’est là que prospère une économie parallèle : payer pour aller plus vite. 12 000 francs, c’est la somme à débourser pour contourner l’attente.

Une pratique connue, tolérée et rarement sanctionnée. Le soin devient alors une marchandise à deux vitesses : le patient qui s’incline devant cette magouille est vite reçu. Les autres patientent...

La consultation spécialisée est expéditive. Le dialogue médical quasi inexistant. Le paiement, lui, se fait en main propre, hors circuit officiel, hors reçu, hors toute traçabilité. Même la sortie de l’hôpital révèle les carences du système : pas de chaise roulante disponible pour accompagner les patients.

S’il est vrai que les revendications des personnels de santé sont légitimes : conditions de travail difficiles, manque de moyens, retards de paiement ; il est tout aussi nécessaire de s’interroger sur le manque de régulation, de contrôle et d’éthique dans certains hôpitaux publics.

Or, lorsque l’hôpital public devient un espace où la souffrance alimente un business informel, c’est la confiance des patients et la vocation même du service public de santé qui vacillent et vont à vau-l’eau.

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