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Chroniques

[Tribune des partis politiques] - Alliance stratégique ou simple mariage de façade ?

Alix-Ida MUSSAVU-KOMBILA , journaliste à L'Union

La scène politique gabonaise est à nouveau en mouvement. Face au pouvoir en place, plusieurs formations politiques se rapprochent dans l’idée de constituer un front commun. Au coeur de cette dynamique : la Coalition pour la nouvelle République (CNR), la plateforme Ensemble pour le Gabon (EPG) et des partis “gazelles”.

Une recomposition qui se veut ambitieuse. Mais derrière l’affichage de l’unité, une question s’impose déjà : s’agit-il d’une véritable alliance politique ou d’un simple mariage de circonstance ? Après la chute d’Ali Bongo Ondimba et l’installation du nouveau régime, l’opposition cherche aujourd’hui à reconstruire une force capable de peser dans le débat national. Lors d’une déclaration commune, le week-end écoulé, ces partis ont dénoncé la situation économique et sociale du pays et appelé à une mobilisation nationale. Le message est clair : l’opposition veut parler d’une seule voix.

Mais la question n’est pas anodine car l’attelage qui se dessine rassemble des personnalités et des parcours politiques longtemps opposés. L’exemple le plus frappant reste celui d’Alain-Claude Bilie- By-Nze et de Benoît Mouity Nzamba. Hier encore, leurs trajectoires politiques semblaient difficilement conciliables. L’un incarne, pour beaucoup d’observateurs, l’ancien appareil du pouvoir dont il fut l’une des figures, l’autre s’inscrit dans une tradition d’opposition plus militante et idéologique, façonnée par des années de combat politique contre ce même système. Les voir aujourd’hui converger dans un même espace politique surprend, interroge et parfois même intrigue tant ils incarnent des trajectoires politiques radicalement différentes.

Quoique cette alliance tienne sans doute dans un mot : nécessité. Nécessité d'occuper l’espace politique et se positionner comme l’alternative au pouvoir actuel. Mais cette logique stratégique comporte un risque majeur : celui d’une coalition construite davantage contre un adversaire commun qu'autour d’un projet commun. D'autant plus que l’opposition gabonaise a trop souvent réduit son projet à une seule équation : battre le pouvoir en place. Car au-delà des déclarations et des conférences de presse, l’opposition est désormais attendue sur sa capacité à transformer l’affichage de l’unité en véritable force politique. Sinon, l’union de l’opposition voulue, restera ce qu’elle semble souvent être aux yeux de nombreux Gabonais : un mariage politique célébré devant les caméras, mais sans véritable engagement durable.

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