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Société & Culture

Domaine public : la mairie passe à l'action

Opération de déguerpissement de la voie publique.

La mairie est passée de la parole à l'acte. Hier, au lieu-dit Carrefour des Soeurs, à Nzeng-Ayong, les remorqueuses vont et viennent, emportant les épaves de véhicules abandonnés. L'administration municipale, dans son communiqué publié le 10 juillet, avait demandé aux propriétaires de les retirer volontairement avant son intervention. Visiblement, certains ont parié sur une absence de suite, à moins qu'ils n'aient estimé ne pas disposer d'un délai suffisant pour s'exécuter. Ils ne se sont, en tout cas, pas exécutés dans les délais impartis.

Quoi qu'il en soit, chefs de quartier, curieux, agents municipaux et policiers étaient mobilisés pour le lancement de cette opération de libération du domaine public. À Nzeng-Ayong, où l'édile de Libreville, Eugène Mba, a donné le coup d'envoi officiel, les remorqueuses n'ont pas chômé. Une, deux, trois, quatre… les véhicules abandonnés depuis parfois plusieurs années ont été retirés les uns après les autres.

L'heure était ainsi au passage à l'action. Au même moment, dans les six arrondissements de la capitale, l'opération d'enlèvement des épaves était engagée. Selon le maire, cette campagne ''s'inscrit dans la vision du chef de l'État de faire de Libreville, une ville particulièrement salubre et propre''. Il assure également que l'action ne sera pas ponctuelle : ''Nous allons inscrire cette opération dans la durée.''

L'initiative laisse toutefois une partie des habitants prudents, voire dubitatifs. Beaucoup rappellent que plusieurs équipes municipales ont lancé, dès leur arrivée, des opérations similaires sans parvenir à empêcher le retour progressif des occupations anarchiques des espaces du domaine public ainsi libérés.

Sur le terrain, les riverains interrogés voient néanmoins des effets immédiats. Pour Stora, habitante du quartier, "ces enlèvements permettront à la mairie de nettoyer les caniveaux et les différents déchets qui traînent souvent ici''. Elle y voit également un gain en matière de sécurité. ''Il y a des bandits qui se cachent ici la nuit. Là, ils n'auront plus où se cacher, ça permet de ne plus avoir de braquages dans cette zone aussi.''

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Conscient de ces interrogations, Eugène Mba mise à la fois sur la sensibilisation et sur le civisme des habitants. ''Nous sommes déterminés à mener cette opération pendant toute la durée de notre mandat'', affirme-t-il, tout en annonçant la mise à disposition d'un numéro vert permettant aux populations de signaler les épaves abandonnées.

Pour l'édile de Libreville, la réussite de cette campagne dépendra aussi du comportement des habitants, invités à respecter durablement le domaine public afin d'éviter que les espaces libérés ne soient, une fois encore, réoccupés.

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