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Société & Culture

17 avril : la femme gabonaise au coeur de la gouvernance et de la résilience nationale

Journée nationale de la femme

Chaque 17 avril, le Gabon célèbre la Journée nationale de la femme. Un rendez-vous devenu, au fil des années, un marqueur fort de la reconnaissance du rôle des femmes dans la construction nationale.

Pour l'année 2026, la 28e édition revêt un caractère particulier, combinant diplomatie continentale, engagement social et bilan politique des réformes en faveur de l’égalité.

Preuve, cette journée à double portée s’ouvre par une cérémonie officielle de l’Organisation des premières dames d’Afrique pour le développement (OPDAD), réunissant plusieurs épouses des chefs d'Etat du continent autour des enjeux sociaux et humains majeurs.

À cette occasion, la Première dame du Gabon, Zita Oligui Nguema, procédera au lancement officiel de la campagne "Résilience 241 : santé et dignité".

Cette initiative, qui s’inscrit dans la campagne continentale portée par l’OPDAD intitulée : "Renforcer la résilience des femmes et des jeunes filles face aux changements climatiques et aux conflits (2025-2027)", vise à renforcer l’accès à la santé, la protection sociale, la dignité et l’autonomisation des femmes confrontées aux vulnérabilités économiques, sanitaires et environnementales.

Au-delà de la dimension internationale, le 17 avril demeure avant tout une célébration nationale. Placée sous le thème "L’autonomisation des femmes : un challenge de gouvernance publique à l’aune de la Ve République", cette édition entend interroger la place réelle des femmes dans la transformation institutionnelle et politique du pays.

Panels d’échanges, rencontres institutionnelles et débats réuniront experts, décideurs publics, organisations de la société civile et femmes gabonaises issues de divers horizons, afin de réfléchir, ensemble, aux mécanismes d’une participation féminine plus forte dans la gouvernance publique.

Cette célébration est également l’occasion de revenir sur l’évolution significative de l’arsenal juridique gabonais en faveur des droits des femmes. Car depuis l’indépendance du pays en 1960, les réformes se sont succédé pour corriger les inégalités héritées d’un cadre social longtemps marqué par la domination masculine.

Il en est ainsi du Code civil de 1972, qui consacrait notamment la notion d’"époux chef de famille", qui a progressivement connu des réformes majeures. Le tournant décisif est intervenu en 2021 avec l’adoption d’un arsenal de lois venues renforcer la protection des femmes et des jeunes filles. La révision du Code civil a ainsi supprimé la notion de chef de famille, consacré l’autorité parentale conjointe et fixé l’âge légal du mariage à 18 ans, protégeant ainsi les jeunes filles contre toutes les formes d'unions précoces et forcées.

La même dynamique a permis d’étendre les délais de déclaration de naissance à l’état civil afin de réduire le nombre d’enfants privés d’existence juridique.

Sur le plan pénal, la loi portant élimination des violences faites aux femmes a marqué l'autre avancée majeure, en ce qu'elle garantit la prise en charge gratuite des examens médicaux attestant de violences sexuelles, renforce la lutte contre le harcèlement et prévoit des mécanismes de protection accrue des victimes.

Le Code pénal révisé autorise également l’interruption volontaire de grossesse en cas de viol, d’inceste ou de détresse avérée, traduisant une volonté de mieux protéger la dignité et la santé des femmes.

C'est dire que la Journée nationale de la femme ne se limite plus à une commémoration symbolique, mais devient un espace d’évaluation des politiques publiques. Autrement dit, un instant dédié pour encourager et transformer les progrès législatifs en matière de femmes en réalités sociales concrètes.

En célébrant la femme gabonaise, tout en lançant la campagne "Résilience 241", les autorités entendent inscrire la promotion du leadership féminin, de la santé et de la dignité au coeur du projet de gouvernance de la Ve République.

Toute chose pour dire que si les lois ont évolué, le véritable enjeu demeure désormais celui de leur appropriation par la société, afin que l’égalité juridique s'allie à l'égalité réelle.

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