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Société & Culture

Élections professionnelles : une campagne et de fortes attentes

Élections professionnelles au Gabon

La campagne électorale des toutes premières élections professionnelles de l’histoire du Gabon s’est officiellement ouverte le mardi 14 avril 2026 sur l’ensemble du territoire national. Une étape décisive avant le scrutin du 22 avril prochain, qui marque l’aboutissement d’un processus engagé par le gouvernement pour structurer durablement le dialogue social.

À l’origine, une décision prise en Conseil des ministres le 26 janvier 2026, traduisant la volonté des plus hautes autorités, au premier rang desquelles le chef de l’État, de disposer d’interlocuteurs syndicaux légitimes, issus de la base, notamment en cas de tensions sociales. Une orientation largement saluée après les récentes difficultés observées dans certains secteurs, où la multiplicité des voix syndicales compliquait les négociations.

Pour parvenir à ce rendez-vous électoral, le processus s’est articulé en plusieurs phases. La première, dite institutionnelle, s’est tenue du 9 au 12 mars 2026 dans un cadre tripartite associant administration, employeurs et travailleurs, conformément aux normes du Bureau international du travail (BIT). Elle a permis d’élaborer les textes nécessaires et d’arrêter les modalités du scrutin, notamment le choix du scrutin proportionnel, basé sur un système pyramidal partant de la base vers les structures faîtières.

La deuxième phase, préélectorale déjà entamée, consiste à mettre en place l’architecture organisationnelle et logistique. Une Commission nationale électorale a ainsi été instituée, composée d’un président représentant l’administration, de deux vice-présidents issus des employeurs et des travailleurs, d’un rapporteur général assisté de deux adjoints, ainsi que de neuf membres répartis entre les trois parties. Une déclinaison de cette organisation existe également à l’intérieur du pays, mais de manière moins étoffée. Sur le plan juridique, un obstacle majeur s’est posé : l’absence de texte encadrant l’élection des délégués dans le secteur public. Si le Code du travail, à travers la loi 18/92, instituait la création des syndicats dans le secteur public, il ne prévoyait pas ce mode de représentation en ce qui concerne les délégués dans ledit secteur. Cette lacune a conduit à la prise récente de l’arrêté 521, par la ministre de la Fonction publique, complétant ainsi le dispositif, lequel existe déjà dans le privé, et régi par l’arrêté 147. À cela s’ajoute l’arrêté fixant la composition de la Commission nationale des élections professionnelles (CNEP).

Aujourd’hui, toutes les conditions semblent réunies pour un scrutin crédible, à en croire les autorités compétentes. Selon le président de la CNEP, Alain Monangze, ce sont entre 150 000 et 180 000 électeurs qui sont attendus, dont environ 60 000 dans le privé et près de 90 000 dans le public, en dehors des Forces de défense et de sécurité (FDS) et des paramilitaires qui ne sont pas concernés.

Au-delà de l’exercice démocratique, ces élections cristallisent de nombreuses attentes : pour les travailleurs, mieux se faire entendre ; pour les employeurs, clarifier les interlocuteurs ; et pour l’État, asseoir un dialogue social apaisé et structuré avec des voix légitimes et bien organisées. Le rendez-vous du 22 avril s’annonce donc être un tournant majeur pour le monde professionnel.

Rappelons que pour être électeur, il faut avoir 18 ans ou plus (homme et femme), sachant que les élections concernent aussi bien les Gabonais que les étrangers (en règle), et travailler dans une administration (publique ou privée) depuis au moins 6 mois. Et peut être candidat et éligible, une personne ayant la volonté de représenter ses collègues, avoir au moins 21 ans et travailler dans l'entreprise ou l'administration depuis au moins un an et ne pas être le ‘‘bras droit’’ du patron.

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