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Chroniques

Mairies : compte à rebours !

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Le compte à rebours a commencé dans les mairies. Cent jours symbolisent la période où les nouveaux maires des communes du pays entament la mise en oeuvre de leurs programmes et ambitions, subissent les premières évaluations. Depuis l’installation des maires des communes et arrondissements du pays, l’heure n’est plus aux promesses de campagne ni aux professions de foi enflammées. Celle des premiers bilans a sonné. Et la réalité, impitoyable, rattrape déjà ceux qui croyaient encore pouvoir gouverner leurs villes à coups de grands discours. Certes, ces nouveaux édiles, pour la plupart issus du parti présidentiel, l'Union démocratique des bâtisseurs (UDB) ont reçu du ministre de l’Intérieur une feuille de route. Mais quels sont les premiers actes ? Que reste-t-il des ambitions affichées, des programmes savamment articulés, des grands serments solennels de l’investiture ? Rien, ou si peu.

Les avis sont partagés. En revanche, les citoyens, eux, cherchent en vain les premiers vrais signes d’une rupture. Car rien, dans la gouvernance de la plupart de nos collectivités, ne semble avoir vraiment changé. Comme si l’élection n’avait été qu’un simple remplacement de visages. Pour dire que les seules remises en cause, les audits commis ici et là, les menaces et mesures tapageuses soulevant tout juste des controverses souvent stériles, ne suffisent pas. Dieu seul sait l'ampleur des défis à eux soumis, pourtant connus puisque là avant les élections, ils sont toujours là. Insalubrité chronique, urbanisation sauvage, absence criante de politique urbaine. Ce sont autant de fléaux qui n’attendent pas. Mais c’est sur le terrain de la gouvernance interne que le bât blesse le plus.

La gestion des ressources humaines et des finances locales, talon d’Achille des mandats précédents, reste le champ de tous les dangers dans certaines municipalités. Trafics d’influence, détournements, magouilles en tous genres : les nouvelles équipes municipales ont-elles tiré les leçons des scandales d’hier ? Rien n’est moins sûr, mais l'espoir est permis quand même dans le contexte actuel pour éviter de se faire prendre dans la nasse.

Aujourd’hui, l’excuse du calendrier rabâché à tout va par plusieurs d'entre eux ne tient plus. Tout comme l’absence de budget voté, certes reconnu comme le nerf de la guerre, ne saurait non plus justifier cette sorte d'immobilisme observé dans certaines localités. En tout état de cause, les premiers actes posés ici et là ne rassurent pas totalement, ils inquiètent plutôt. Pis, les imbroglios administratifs persistent, les pratiques décriées ressurgissent, comme si l’alternance tant acclamée n’avait été qu’une façade pour d'aucuns.

Or, le temps des preuves est ouvert. Les populations n’attendent plus de grandes déclarations, mais des actes lisibles, cohérents pour le bien de la cité. Si les nouveaux maires veulent éviter de sombrer là où tant d’autres se sont engloutis, ils doivent agir, vite et avec efficacité. Tout retard ne sera plus interprété comme une prudence de début de mandat, mais comme un aveu d’impuissance. Ou pire, une incapacité à répondre aux attentes, alors qu'ils ont suscité un nouvel espoir dans leurs différentes collectivités. Plus de cent jours après, tout reste encore possible jusqu'à la fin du compte à rebours dans cinq ans.

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