Tout bien considéré, l'issue de l'affaire Jeannah Danys Dinabongho Ibouanga, l'étudiante gabonaise tuée à Karabük, aura inéluctablement mis à nu les carences d'une justice sur laquelle sa famille, ses conseils, les Gabonais de Turquie et leur représentation diplomatique semblaient avoir reposé leurs espoirs. Mais voilà que Dursun A., le meurtrier présumé, est sorti, mardi passé, victorieux de cette bataille judiciaire lors d'un acquittement prononcé en sa faveur.
Aussi, face à ce délibéré pour le moins surprenant, on est tenté d'aller dans le même sens que la mère de la victime, entrevoyant une forme de racisme dans la conduite de cette affaire par le tribunal de Karabük. En sus de ce que cet acquittement constitue une façon de classer ce dossier et de sortir des fourches caudines de la justice un homme qui n'aurait donc rien à voir avec ce drame. Malgré le fait qu'un faisceau d'indices converge dans sa direction.
Cette issue vient manifestement donner raison aux craintes nourries dès le départ par les associations de lutte contre le racisme. D'autant que celles-ci attiraient déjà l'attention de l'opinion nationale turque et internationale relativement à la nécessité de prioriser l'indépendance et l'impartialité des magistrats dans le cadre de ce procès. Les Officiers de police judiciaire (OPJ) ont-ils, comme l'exige la procédure, enquêté à charge et à décharge pour démêler l'écheveau ?
Car pour le cas de Dina , cette jeune noire partie étudier dans ce pays où des manifestations de racisme sont récurrentes, on comprend aisément le choix de l'appareil judiciaire depuis le début de l'affaire. Et que le reste n'était donc que simulacre.
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