Dès vendredi, la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) avait annoncé la couleur au travers d'un communiqué : le Grand Libreville devait se préparer à un dimanche sans lumière. La raison était liée à la centrale flottante KarPowerShip (KPS) qui a été arrêtée de 6 heures à 17 heures pour des travaux de maintenance d’urgence sur les groupes actuellement raccordés au réseau interconnecté de Libreville.
La SEEG avait averti que cela provoquerait une baisse importante de ses capacités de production. Des délestages sectoriels qui ont été mis en place pour limiter les perturbations (soit 11 heures de délestages programmées dans la capitale et ses environs). Et chaque zone de Libreville et de ses environs y a eu droit. Au PK 14 et à Bikélé, la coupure d'électricité a été enregistrée à 9h00. Au quartier Ancienne-Sobraga, les groupes électrogènes ont pris le relais dès 15h37. Des scènes reproduites dans le Grand Libreville pendant toute la journée d'hier.
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Mais au-delà du simple communiqué de la SEEG et des conséquences sur le terrain (activités économiques au ralenti ou fortement perturbées, téléphones déchargés, etc.), ce nouvel épisode révèle surtout l'importance de KPS dans le réseau électrique du Grand Libreville. En août 2025, KPS avait fait passer sa puissance de 70 à 150 mégawatts. Ce qui représente plus de la moitié de la demande maximale actuelle estimée à 225 mégawatts pour le Grand Libreville.
Avec un tel chiffre, il est plus facile de comprendre pourquoi KarPowerShip est une centrale flottante sous tension permanente. En effet, depuis 2025, la centrale flottante turque enchaîne les arrêts, entre pannes techniques revendiquées et contentieux financier assumé. En février 2025, une médiation de Brice Clotaire Oligui Nguema avait permis de faire le point sur les impayés de la SEEG vis-à-vis de KPS. Le contentieux financier précède donc toute la séquence technique qui suit.
En août 2025, la SEEG programme un arrêt de 21 jours pour déconnecter deux unités de 70 MW et préparer l'arrivée d'un nouveau navire de 150 MW. L'arrêt est confirmé le 31 août. La mise en service, prévue le 15 septembre, n'a pas lieu et survient longtemps après. Fin septembre, la SEEG évoque des "contraintes techniques liées à la sécurité des équipements gaz" pour justifier le report. Début octobre, la nouvelle unité est visible sur site : la SEEG annonce quinze jours de tests avant la fin des délestages. Mais début novembre, les coupures persistent malgré le retour du navire. KPS s'en défend, invoquant des "facteurs naturels et techniques".
Le 17 mars 2026, le dossier change de nature : KPS notifie une suspension totale de sa production de 150 MW, cette fois pour impayés (un épisode strictement contractuel, sans lien avec les explications techniques avancées jusque-là).
Hier, dimanche 13 septembre, un nouvel arrêt de onze heures est donc acté, motivé par une "maintenance d'urgence".
De toute évidence, KarPowerShip est l'arbre qui cache mal un parc de production qui n'arrive pas à suivre l'extension de la ville et sa démographie galopante.
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