Vous avez déjà dû remarquer dans les rues de Libreville, ces épaves de voitures qui encombrent certains trottoirs. Vous n'avez pu manquer ces garages qui ont transformé des pans de voies en atelier à ciel ouvert ou encore ces marchés spontanés qui naissent et s'installent çà et là au mépris de la loi. C'est ce que la mairie appelle des “occupations anarchiques et irrégulières” du domaine public. Des situations qui ternissent l'image de la capitale, et compliquent parfois la circulation des personnes et des véhicules.
Devant un tel constat, le 10 juillet 2026, dans un communiqué signé de sa main, le maire de la commune de Libreville, Eugène Mba, a annoncé le lancement imminent d'une vaste campagne de lutte contre l'insalubrité et l'occupation anarchique du domaine public. Avant le début des opérations, l'édile a pensé à accorder toutefois un délai de grâce de 3 jours aux contrevenants afin qu'ils procèdent eux-mêmes à la libération des espaces occupés. “Un délai de grâce de trois jours est accordé aux concernés pour la mise en conformité volontaire”, précise le communiqué municipal. Passé ce délai – donc demain mercredi –, les services municipaux entreront dans une phase plus coercitive.
“Les services municipaux procéderont ensuite, et sans un nouveau délai, à la phase opérationnelle de ladite campagne”, avertit la mairie, qui dit fonder son action sur plusieurs textes réglementaires relatifs à la décentralisation, à l'urbanisme, à l'hygiène publique et à l'occupation illégale du domaine communal. Les opérations viseront en priorité les marchés et commerces anarchiques installés sur les voies publiques, les garages improvisés et stations de lavage illicites, les épaves et véhicules abandonnés, les encombrants divers obstruant la voie publique. Sans oublier les constructions irrégulières et autres occupations illégales du domaine communal.
Pour les contrevenants, les conséquences pourraient être lourdes. Le communiqué prévient qu'ils s'exposent “non seulement à des mesures de déguerpissement par la force publique, mais également à des poursuites conformément aux sanctions prévues par la réglementation en vigueur”.
À travers cette nouvel l e campagne, la municipalité entend donc restaurer l'ordre urbain et améliorer le cadre de vie des populations. Elle en appelle d'ailleurs à "la responsabilité collective et à la collaboration des citoyens pour préserver l'ordre urbain, la salubrité et l'image de la capitale". Reste désormais la question de la pérennité de l'opération. Car ce n'est pas la première fois que la mairie de Libreville engage une offensive contre les occupations irrégulières du domaine public.
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Au fil des années, plusieurs campagnes de déguerpissement ont permis de libérer temporairement trottoirs, carrefours et emprises publiques. Mais dans de nombreux cas, les commerçants, garagistes ou autres occupants finissent par revenir progressivement sur les sites après le départ des équipes municipales.
Le véritable défi pour la mairie ne sera donc pas seulement de faire partir les occupants irréguliers, mais aussi de maintenir durablement les espaces libérés sous contrôle. Une condition pour que cette énième opération ne connaisse pas le même sort que les précédentes.
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