Il fut un temps où le Parti gabonais du progrès (PGP) comptait parmi les formations qui donnaient du relief à la vie politique nationale. Au lendemain de la Conférence nationale, il s'est imposé comme l'une des principales forces de l'opposition, au point de devenir la troisième force politique du pays à l'issue des législatives tenues dans la foulée de ces assises. Aujourd'hui, le PGP existe encore, parle encore, s'indigne encore. Mais suffit-il d'exister pour rester debout et partout ?
À Libreville, le 6 juin, le parti a tenu son 5e congrès ordinaire sous le thème "Restructuration et Redynamisation". La rencontre a donné lieu à une nouvelle série de critiques contre la gouvernance en place et à l'élection d'un nouveau bureau. Pour son président, Benoît Mouity Nzamba, l'objectif de ce bureau est de relancer le parti et démontrer qu'il demeure "partout où on pense qu'il n'est pas". "Partout, là où il y a un progressiste, il y a le PGP ", a-t-il affirmé.
Pourtant, entre le souvenir d'un parti qui a marqué l'histoire politique du pays et la réalité actuelle, l'écart semble considérable. Le déclin du PGP ne date pas d'hier. Les disparitions de ses figures emblématiques, dont Pierre Louis Agondjo Okawe et Joseph Rendjambe Issani, ont privé cette formation politique de repères majeurs et d'une partie de sa capacité de mobilisation.
Au fil des années, cette érosion s'est accentuée et la seule figure de Benoît Mouity Nzamba semble ne pas suffire. Aujourd'hui, le PGP ne compte plus d'élus et peine à retrouver l'assise qui fut la sienne. Cette difficulté à mobiliser s'est d'ailleurs reflétée lors du congrès, dont l'affluence est restée squelettique, loin des grandes démonstrations de force que les partis politiques cherchent à offrir à l'occasion de tels rendez-vous.
Être debout, pour un parti politique, c'est structurer le débat public, peser dans les urnes, porter une espérance collective ou imposer ses thèmes dans l'agenda national. Et sur ces différents terrains, le PGP semble désormais davantage vivre de son héritage que de sa capacité de conquête. Si son histoire reste respectable, son discours audible dans certaines séquences de contestation, son influence apparaît bien limitée.
Le parti appartient à cette catégorie de formations qui ont conservé un nom, une mémoire et une identité politique, mais dont la puissance n'est plus celle d'autrefois. Son 5e congrès constitue peut-être une tentative de rebond. Reste à savoir si cette restructuration interne, conjuguée aux évolutions du cadre sur les partis politiques, lui permettra de retrouver une place significative dans le paysage politique national.
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