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Société & Culture

Guy Bertrand Mapangou : "Le Gabon doit devenir un acteur économique majeur de l’iboga"

Guy-Bertrand Mapangou, président du Conseil Economique, Social, Economique, Environnemental et Culturel

L'Union. Monsieur le président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (CESEC), le 19 avril, le président américain Donald Trump, apris un décret permettant aux chercheurs de se pencher sur l’iboga. Comment le Gabon réagit à cette décision ?

-Guy Bertrand Mapangou : La décision du président Donald Trump n’est pas une surprise. Elle confirme une réalité : le monde s’intéresse sérieusement à l’iboga. Mais soyons lucides. Ce type d’initiative s’inscrit dans une dynamique globale où les grandes puissances cherchent à capter des ressources stratégiques, y compris celles issues des patrimoines culturels matériels et immatériels africains. C’est pourquoi il faut clairement dire que toute recherche ou exploitation liée à l’iboga ou à ses dérivés devra respecter le Protocole de Nagoya ratifié par le Gabon, et j'espère en toute connaissance de cause.

Où en êtes-vous dans votre quête d’en faire un patrimoine mondial ?

-Notre démarche vise à faire reconnaître l’iboga comme un patrimoine à la fois culturel, spirituel et écologique. Il ne s’agit pas seulement d’une plante. Il s’agit d’un système des savoirs, porté notamment par des traditions ancestrales comme le Bwiti. Mai s soyons clairs : la reconnaissance internationale ne doit pas diluer notre souveraineté.

Le Gabon entend-il rester au stade de "gardien de cette richesse"?

-Non. Et ce serait une erreur historique de le rester. Le Gabon doit devenir un acteur économique majeur de l’iboga. Pas demain, mais maintenant car l'iboga peut devenir un levier économique important pour le Gabon. Nous avons eu l'avantage de traiter cet aspect de l'iboga au cours de notre dernière session au CESEC. Les conclusions auxquelles nous sommes parvenus invitent le gouvernement à structurer une filière nationale, transformer localement, maîtriser la chaîne de valeur, protéger juridiquement le patrimoine iboga.

D’autres pays, à l’instar des USA, ont-ils manifesté le besoin de développer cette plante sacrée ?

-Oui, l’intérêt est mondial. Et il s’accélère. Mais derrière cet intérêt , il y a une réalité plus stratégique : certains acteurs développent déjà des alternatives synthétiques ou issues d’autres plantes pour contourner l’origine gabonaise. C’est un signal d’alerte. Si le Gabon ne se positionne pas rapidement, il risque d’être marginalisé dans une industrie issue de son propre patrimoine. Le monde avance très vite. Le Gabon doit aller plus vite et avec lucidité, unité et ambition. Il ne s’agit plus seulement de protéger l’iboga, mais de protéger notre place dans l’histoire qui est en train de s’écrire.

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