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Chroniques

[Tribune des partis politiques] - Avertissement ou mise à l'écart programmée ?

Alix-Ida MUSSAVU-KOMBILA , journaliste à L'Union

Le rejet du budget primitif de la commune de Libreville, le 9 avril, n’est pas seulement un épisode de gestion locale. Il pose une question : pourquoi l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), pourtant majoritaire au Conseil municipal, n’a-t-elle pas soutenu son propre maire, Pierre Matthieu Obame Etoughe ? Les faits sont bruts et laissent peu de place à l'ambiguïté : un budget rejeté net avec des critiques sévères sur sa crédibilité venus non pas de l'opposition, mais bien des rangs mêmes de la majorité. Un désaveu assumé et, surtout, orchestré par son propre camp, l'UDB.

Les conseillers municipaux de l'UDB ont évoqué un document “non sincère”, pointant une hausse marquée des dépenses du cabinet du maire, un manque de lisibilité des recettes, sans compter le budget jugé dérisoire pour les mairies d'arrondissement. Mais ces arguments suffisentils à expliquer une telle démonstration de force ? Dans ce cas, l’UDB aurait simplement assumé une exigence de rigueur, au détriment d’un réflexe de solidarité politique.

Mais cette explication ne suffit pas à elle seule. Alors que le parti domine largement, les désaccords ne devaient-ils pas se régler en amont ? Une telle radicalité interroge d'autant plus que le rejet du budget a stoppé les travaux du Conseil qui devaient se tenir sur deux jours, laissant donc éclater un conflit de manière nette et sans compromis.

Cette absence de soutien visible au maire interroge sur les mécanismes de coordination au sein du parti et, plus largement, de la majorité. Le projet de budget a-t-il été suffisamment concerté ? Le maire a-t-il travaillé avec les conseillers de son propre camp ? Il est en tout cas accusé de n'en faire qu'à sa tête. Pierre Matthieu Obame Etoughe apparaît encore comme une figure relativement récente dans le paysage politique maîtrisant mal les réseaux. Ce qui aurait une incidence sur sa capacité à fédérer. Était-ce donc une volonté de recadrer un maire jugé trop autonome ?

Il a été isolé par son propre camp, alors même que les équilibres politiques continuent de se structurer. Le signe de sa fragilité politique ? Son parti n'a rien fait pour lui sauver la face : 142 rejets, pas un soutien discret. Un désaveu cinglant, une mise à l'index collective. Comme quoi, même dans une majorité sans opposition visible, la politique ne disparaît jamais. Elle change simplement de terrain. Une question émerge : estce un simple avertissement ou le début d’une mise à l’écart politique plus structurée ? S'il a évoqué l’existence de mécanismes et de sessions de révision budgétaire prévues par le fonctionnement institutionnel, la question demeure : Pierre Matthieu Obame Etoughe en est-il encore un acteur ou déjà la cible ?

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