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Chroniques

[Espace Santé] - Épisiotomie sans anesthésie : une réalité au Gabon

Rudy HOMBENET ANVINGUI, journaliste à L'Union

Depuis quelque temps, un fait pour le moins insolite entendez l'affaire du médecin ayant violemment frappé une parturiente refusant d'être recousue après son accouchement défraie la chronique en République démocratique du Congo (RDC).

Cet état de fait met en lumière une réalité préoccupante : les violences obstétricales qui persistent dans plusieurs maternités africaines.

Au Gabon, si ces actes ne sont pas signalés, il n'en demeure pas moins qu'une autre pratique demeure fréquente et largement banalisée : la suture d’épisiotomie sans anesthésie.

Après l’accouchement, certaines femmes apprennent, presque froidement, qu’elles ont subi une suture destinée à réparer leur périnée. Or sans anesthésie locale, la douleur est insupportable. La réparation d’une épisiotomie est un acte chirurgical qui, selon les standards médicaux internationaux, doit impérativement être réalisé sous analgésie adéquate.

Il y a quelques années, la direction générale de la Santé maternelle et infantile alertait sur les risques liés à cette pratique. En 2026, malgré ces rappels, le phénomène semble toujours installé dans certaines structures de santé. D'où cette question : la douleur des femmes en couche a-telle été normalisée au Gabon ?

Les sages-femmes évoquent la surcharge des maternités, le manque de produits anesthésiques ou l’urgence des situations. Ces contraintes existent, mais ne sauraient justifier une souffrance évitable. L’absence d’anesthésie expose les patientes à des traumatismes physiques et psychologiques durables : douleurs chroniques, anxiété post-natale, rejet des soins ou peur d’une future grossesse.

Le problème dépasse les responsabilités individuelles. Il révèle une culture médicale où la douleur obstétricale reste parfois considérée comme une étape "naturelle" de la maternité. Or, la médecine moderne repose sur la prise en charge de la douleur et le respect du consentement.

Les autorités sanitaires doivent prendre les mesures qui s'imposent : protocoles obligatoires, contrôles réguliers et disponibilité permanente des anesthésiques. Afin que donner la vie ne soit synonyme de torture. Car la dignité des femmes en salle d'accouchement est un impératif de santé publique.

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