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Chroniques

[Editorial] - Entre polémique et réalité !

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Une nouvelle polémique enfle dans notre pays. Elle porte sur l'ordonnance portant Code de la nationalité, et un front de compatriotes s’en est emparé, souvent au risque d’occulter les véritables objectifs de cette réforme. À voir la confusion et la vivacité des débats, la question qui se pose est de savoir de quoi parle-t-on vraiment.

Il n’est pourtant pas si loin, le temps où la question de l’acquisition de la nationalité gabonaise était sur toutes les lèvres. Les Gabonais dénonçaient, à juste titre d'ailleurs, les abus lorsque des étrangers se faisant passer pour des nationaux, méprisant les lois et les valeurs du pays, allant parfois jusqu’à se prétendre "plus Gabonais que les Gabonais de souche". Les assises d’Angondjé, au plus fort de la période de Transition, avaient clairement appelé à une refonte du Code pour répondre à ces préoccupations légitimes.

Alors pourquoi cette indignation aujourd’hui ? Le nouveau texte, il faut le rappeler, vise avant tout à actualiser une loi vieille de plus d'une soixantaine d'années ponctuées de modifications, souvent au gré des évolutions de la société et du pays. À la lecture de sa nouvelle ossature, certaines de ses dispositions suscitent effectivement le débat. Comme il est de coutume lorsqu'une affaire de grande portée et ses implications dans la vie de la Nation et le pays est soulevée. Mais toutes les critiques émises ici et là sont-elles vraiment fondées ? Les arguments avancés résistent-ils à l’analyse ?

Il est temps de poser les termes du débat et de faire oeuvre de pédagogie en revenant sur les mesures phares qui y figurent : la déchéance de la nationalité pour les auteurs d’actes subversifs, la clarification des critères d’acquisition, la catégorisation des Gabonais et le renforcement de la lutte contre la fraude. Autant d’outils destinés, en théorie, à protéger l’identité nationale et à renforcer la cohésion sociale.

Il est vrai, cependant, que certaines formulations prêtent à interprétation, laissent libre cours à des sous-entendus, alimentent des procès en sorcellerie. Elles appellent donc nécessairement des clarifications pour éviter, comme trop souvent dans ce type de polémique, que les contre-vérités, les contorsions rhétoriques et autres lectures biaisées ne l’emportent sur la réalité.

Fort de tous ces aspects, il faut être constructif et parler vrai. Les Gabonais ont droit à une explication claire sur les objectifs et les implications de ce nouveau Code. Les autorités, de leur côté, ont la responsabilité de communiquer, de rassurer et de démontrer que cette réforme, si elle est bien conduite, peut être une étape vers un encadrement acceptable de l'attribution de la nationalité gabonaise qui n'a que trop souffert du laxisme après l'époque des pères fondateurs de notre pays. Surtout que la réalité est différente, à bien des égards, des lectures auxquelles se livrent certaines voix critiques bien connues.

Aujourd'hui, engageons résolument cette pédagogie utile pour une meilleure compréhension. Les Gabonais sont capables de comprendre, à condition qu’on prenne le temps de leur expliquer. À cet égard, tous les acteurs concernés (parlementaires qui seront bientôt saisis, responsables politiques, leaders d’opinion et gouvernants) doivent se soumettre à cette exigence de vérité et de transparence. La Nation gabonaise mérite mieux qu’une polémique stérile. Elle mérite un débat éclairé.

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