"Non à la guerre !", a répondu hier le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez à Donald Trump, après les critiques du président américain reprochant notamment à l'Espagne son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l'Iran.
"Nous sommes opposés à ce désastre", a poursuivi Pedro Sánchez dans une allocution, estimant que cette position était partagée par "de nombreux autres gouvernements" et "des millions de citoyens et de citoyennes qui, dans toute l'Europe, en Amérique du Nord et au Moyen-Orient, ne demandent pas pour demain plus de guerre ou plus d'incertitude".
"Nous ne serons pas complices de quelque chose qui est mauvais pour le monde et qui est également contraire à nos valeurs et à nos intérêts, simplement par peur des représailles", a-t-il poursuivi, une référence directe aux menaces de Donald Trump exprimées mardi.
La veille, le président américain avait menacé de "cesser tout commerce avec l'Espagne", lui reprochant son refus de laisser les États-Unis utiliser deux bases américaines situées en Andalousie, dans le sud de l'Espagne (la base navale de Rota et celle aérienne de Morón), héritées d'un accord signé entre Washington et Madrid en 1953 sous Franco.
Depuis plusieurs mois, Donald Trump reproche également à l'Espagne de ne pas avoir augmenté à 5% du PIB ses dépenses militaires, comme le veut le nouvel objectif de l'Otan poussé par Washington. "L'Espagne a été terrible" et "très, très peu coopérative", a-t-il taclé mardi.
Hier, Pedro Sánchez a, quant à lui, déploré dans son allocution retransmise que les objectifs de Washington et d'Israël "ne soient pas clairs" contre l'Iran.
"Ce que nous savons en revanche, c'est qu'il n'en sortira pas un ordre international plus juste", a-t-il regretté, jugeant "inacceptable" que "des dirigeants (...) utilisent l'écran de fumée de la guerre pour dissimuler leur échec".
Le Premier ministre espagnol a une nouvelle fois appelé à "la cessation des hostilités et une résolution diplomatique" entre toutes les puissances impliquées.
Pedro Sanchez a reçu hier le soutien du président français Emmanuel Macron qui s'est entretenu au téléphone avec lui. "Le président vient d’échanger avec le président Sanchez pour lui dire la solidarité européenne de la France en réponse aux récentes menaces de coercition économique dont l’Espagne a été la cible hier", affirme une source de l'Élysée à BFMTV.
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