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Chroniques

[Editorial] - Journée nationale de l’enseignant : un hommage en chantier

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Ce lundi est une journée de reconnaissance légitime pour nos enseignants qui portent sur leurs épaules l’avenir de la Nation. Mais cette année, l’hommage a un goût particulier pour l'ensemble de la communauté éducative, les gouvernants et les populations. Après plus d’un mois de grève, un mouvement social qui a paralysé des milliers de classes, fait craindre une année blanche et rappelé une vérité que les discours officiels ne pouvaient plus masquer. La réalité connue de tous étant que derrière la vocation enseignante, il y a des hommes et des femmes dont les conditions de vie et de travail ne sont pas à la hauteur des responsabilités qui leur sont confiées.

Les défis sont immenses, et ils ne datent pas d’aujourd'hui, puisque contenus dans les rapports des états généraux, ressassés lors des forums, inscrits dans les grandes réflexions et les nombreux discours savants sur l'école gabonaise.

Le premier est d'améliorer les conditions sociales des enseignants, en apportant des réponses aux situations administratives bloquées depuis des décennies, aux salaires en décalage avec le coût de la vie, à la précarité qui mine le moral et, à terme, la qualité de l’enseignement. Car, il est difficile d'exiger l’excellence pédagogique de personnes qui sont maintenues ou croupissent dans une certaine insécurité sociale.

Le deuxième est de faire bouger, modifier le cadre d’apprentissage, qui lui non plus, n’a pas été épargné. Entre infrastructures vétustes, manque de moyens didactiques et classes surchargées, malgré tous les efforts, tous les fînancements alloués annuellement, le soutien de partenaires bilatéraux et multilatéraux qui ont permis la livraison de nouveaux établissements, l’école gabonaise peine encore à offrir un environnement propice à l’épanouissement des élèves comme des éducateurs.

Le troisième est de hâter les réformes pour une meilleure gouvernance. Dans un secteur en perpétuelle mutation, où les méthodes et les enjeux évoluent rapidement, la formation continue et l’adaptation aux nouveaux défis que sont la numérisation, la transparence dans la gouvernance du secteur restent des angles morts. Pourtant, l'espoir n'a pas déserté l'horizon. Bien au contraire. En trouvant des réponses concrètes aux revendications légitimes des enseignants, à travers un effort financier considérable de plusieurs milliards de francs dans un contexte économique et financier si difficile, le président Brice Clotaire Oligui Nguema et son gouvernement reconnaissent implicitement l'importance centrale de l'Éducation. Mais l'effort financier, aussi nécessaire fût-il, ne suffira pas s’il n’ est pas accompagné d’une refonte profonde du dialogue social, de réformes audacieuses, d'une réelle prise de conscience des personnels éducatifs de leur responsabilité. Il ne suffira pas non plus sans dépolitiser, sans nettoyer les écuries d'Augias dans ce secteur qui peine à opérer sa mue. Et enfin, sans une vision à long terme pour l'Éducation nationale.

En ce jour de célébration, il ne s’agit donc pas seulement d'honorer l’enseignant, à travers des simples discours et des promesses. Il faut réellement le valoriser en renforçant les efforts, en multipliant les actions, en augmentant les moyens de transmettre et de former les générations qui bâtiront le Gabon de demain et changer considérablement la vie dans les salles de classe aujourd'hui. Ce sont là des clés porteuses d'un hommage national qui soit à la hauteur des principaux acteurs et des enjeux pour une nouvelle école gabonaise débarrassée de ses oripeaux.

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