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Économie

Pénurie de carburant : le Grand Libreville au bord de la crise de nerfs

De jour comme de nuit, les stations-service sont prises d’assaut.

Lorsque les premières alertes sur une absence de gasoil dans les stations-service ont été émises, le 26 septembre dernier dans le Grand Libreville, personne n'imaginait que les jours suivants allaient être synonyme de galère. Ce fut d'abord le gasoil qui manqua à la pompe. Devant les files d’attente et la colère grandissante, dans un communiqué publié le 2 octobre, le ministère du Pétrole et du Gaz a reconnu une tension temporaire dans l’approvisionnement des stations-service de Libreville. Un bateau avait accosté au port d'Owendo et devait permettre un rapide retour à la normale.

Pourtant, en dépit de ces précisions et du ton rassurant, depuis le lundi 5 octobre, c'est désormais l'essence qui vient à manquer. Une absence qui reproduit les mêmes files d'attente devant les stations-service et des inquiétudes similaires.

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Pour les habitants de Libreville et ses environs, c'est la goutte de trop et ils ont tenu à le faire savoir. Comme Sosthène, infographe : "Je reste sans voix, c'est totalement anormal, du jamais vu, on n’arrive pas à se déplacer. Je suis dépassé. Vous faites deux heures dans un taxi qui va de Louis à la Gare routière, à cause de la station de Bessieux où il y a des voitures sur la voie. Vous êtes obligées de descendre du véhicule et marcher. Il faut que le gouvernement intervienne au plus tôt".

Aimé, entrepreneur, reconnaît un impact sur tous les secteurs. "Pas d'eau, pas de courant, pas de taxis, pas de carburant, finalement il y a quoi au Gabon ? On se pose des questions, qu'est-ce qui ne va pas ? Cette pénurie dérange tout le monde. Tous les secteurs sont impactés."

Bravel, coiffeur, avoue que cela nuit a son travail : "Je n'ai pas de voiture, mais cette situation est à revoir. Nous souffrons beaucoup. On arrive sur nos lieux de travail complètement en retard." Marie, étudiante, veut que cela cesse : "Cette pénurie entraîne des embouteillages interminables, et complique nos déplacements au quotidien. Il faut trouver rapidement des solutions afin de rétablir l'approvisionnement et permettre à la population de circuler librement."

L'INTÉRIEUR TOUCHÉ• L'absence de gasoil et d'essence ne se fait pas seulement ressentir dans la capitale gabonaise et ses environs. Plusieurs villes de l'intérieur du pays commencent à en subir les effets. Comme à Mouila : " Il n'y a pas d'essence dans la ville. Les derniers litres de gasoil sont arrivés mardi et ne suffisent déjà pas. Simplement parce que ce sont juste 20 000 litres qui ont été remis aux gérants des stations, alors que la consommation journalière est de 40 000 litres pour toute la cité. Face à cette situation, la SEEG doit s'adapter. Surtout que ses installations fonctionnent au fioul. Elle coupe le courant vers 9 heures et le remet aux alentours de 19 heures. C'est insupportable, mais les Molvillois doivent composer avec cette réalité ", a expliqué hier un habitant excédé.

Tout en comprenant les réactions devant les désagréments relevés depuis plusieurs jours, le ministère du Pétrole a tenté, il y a quelques heures, de rassurer : " Il y a des aspects qui sont peu connus du grand public et qui expliquent tout. En réalité, le gasoil et l'essence sont disponibles dans des stations-service. Nous diffusons régulièrement une liste pour indiquer aux habitants où se ravitailler. Mais il faut savoir que le premier bateau, arrivé il y a quelques jours, est toujours à quai et continue de décharger sa cargaison. Un deuxième est en route. Cette impression de pénurie est consécutive au respect des procédures de transbordement des hydrocarbures. Lorsque vous faites passer de tels liquides d'un contenant à un autre, il faut observer un temps de repos. Entretemps, il y a un besoin qui est exprimé et ce temps de latence peut ne pas aider à faire baisser la pression. Mais le gasoil et l'essence sont disponibles dans les stations-service ", a indiqué hier le ministère.

Pas sûr que cela suffise à convaincre.

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