Le Gabon célèbre, ce 30 août, sa "Libération", désormais inscrite dans sa Loi fondamentale. Cet anniversaire ouvre le droit d’inventaire et marque le passage du temps des promesses et des bonnes intentions à celui des oeuvres, des réalisations tangibles, mais aussi des questionnements légitimes sur le chemin qui reste à parcourir.
En ce jour mémorable, il convient de se souvenir de l’élan qui avait saisi le peuple gabonais il y a trois ans. Les militaires ont été accueillis comme des sauveurs, des messies attendus pour mettre un terme aux dérives et à une gouvernance qui avaient durablement bloqué le pays. Leur engagement était immense, leurs promesses nombreuses. Certains sceptiques, il faut l’admettre, doutaient de la faisabilité d’un tel chantier en si peu de temps. Il fallait une dose rare de courage et de détermination pour bâtir le "nouveau Gabon" promis par le général Brice Clotaire Oligui Nguema.
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Le droit d’inventaire de ces trois années dresse le portrait contrasté d’un pays en mutation. Un Gabon en dents de scie, certes, mais qui affiche des sommets de réalisations indiscutables. Sur le plan économique, les réformes engagées ont permis de restaurer une certaine confiance des partenaires internationaux, de mieux encadrer les finances publiques et de poser les jalons d’une diversification tant attendue. Des secteurs clés comme les infrastructures, l’agriculture, le numérique, le logement et autres ont bénéficié d’une attention renouvelée.
Sur le plan social, des efforts notables ont été consentis en faveur de la santé, de l’éducation, des retraités, de la sécurité sociale... Et, surtout, une volonté affichée de faire face au défi majeur de l’eau et de l’électricité. Sur le plan culturel, le Gabon renoue avec son rayonnement. Sur la scène internationale, la voix du Gabon s’est affirmée, portée par un souverainisme assumé et une diplomatie active qui redessinent la place du pays dans le concert des Nations.
Tout cela est l’oeuvre d’un homme et d’un peuple. Un homme jeune, ambitieux, nationaliste, passionné par son pays. Un homme de terrain, un bâtisseur, dont la force a été de mettre en oeuvre une vision claire d’un Gabon qui prime le travail, l’effort et la méritocratie et qui aspire résolument à rompre avec un passé de prédation et d’immobilisme. Un Gabon qui rattrape son retard de développement, qui se construit. Cependant, le bilan ne saurait être exhaustif sans évoquer les zones d’ombre. Des chantiers restent en souffrance. La justice, pilier de l’État de droit, n’entame que lentement sa réforme en profondeur.
Sur le plan social, si des avancées ont été enregistrées, la bataille contre la vie chère n’est pas encore gagnée. Et c'est normal. Le chômage des jeunes demeure un défi structurel, en dépit des efforts financiers importants consentis. Les infrastructures bien que renforcées, souffrent encore de retards dans les zones rurales.
Enfin, sur le plan politique, des perspectives en termes de réformes institutionnelles et électorales sont lancées. La société civile et l'opposition, bien que tolérées, peinent à retrouver une place pleine dans le nouveau paysage politique. La liberté de la presse attend toujours son printemps.
Trois ans après la Libération, le Gabon a accompli des progrès significatifs. Le temps des oeuvres est bien là, avec ses exigences qui ne tolèrent ni l'autosatisfaction, ni relâchement encore moins les discours politiciens et démagogiques et surtout pas le "kounabélisme" qui semble avoir la peau dure. Il appelle plutôt à la constance, à l'humilité et au pragmatisme.
Donc, sur les bords de l'Ivindo, célébrons nos progrès et nos oeuvres, sans oublier que la Libération qui n'est pas une fin en soi, exige de nous Gabonais, plus que jamais, de travailler pour construire notre pays.
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