Cette fois-ci, il ne s'agit pas de délestages rotatifs volontaires. Non, désormais, c'est une "panne informatique" sur le réseau de la Société d'énergie et d'eau du Gabon (SEEG) qui prive des milliers d’usagers d'électricité. Et sans véritable calendrier, c'est toute la population qui pourrait bientôt être touchée.
En effet, depuis le lundi 15 juin, il est impossible de recharger son compteur intelligent. Dans un communiqué télévisé diffusé le même jour, "la société a annoncé une perturbation affectant l’approvisionnement en unités Edan, empêchant temporairement les abonnés d’effectuer l’achat de crédits nécessaires à l’alimentation de leurs compteurs prépayés".
Si les équipes informatiques de la SEEG disent être "pleinement mobilisées suite à un dysfonctionnement survenu sur leur infrastructure", l'absence de solutions palliatives à ce jour interroge. Comment est-ce possible qu'en 2026, avec des solutions informatiques fiables et disponibles via des entreprises locales et internationales, la SEEG soit condamnée à subir les affres d'un potentiel "hacking".
Sachant que le gouvernement de la Ve République fait de la transformation numérique un axe central de gouvernance, la SEEG semble déconnectée de cette volonté. D'autant que la question de la sécurisation des plateformes et de la maîtrise des systèmes apparaît plus que jamais stratégique.
Société assurant une mission de "service public", la SEEG se doit par tous les moyens de remplir sa part de contrat. De peur de voir des usagers procéder, devant l'urgence vitale, à des actes de "branchement en direct".
Dans tout cela, c'est une fois de plus le consommateur qui paie l'addition. Pour la SEEG, aucune indemnisation, aucun mot d'excuse, juste des rappels de paiement pour des services "jamais rendus". Pour rappel, il y a quelques semaines en arrière, la SEEG privait, "en raison d'un incendie sur l'un de ses postes" les zones d'Owendo, les PK et Bikéle d'électricité.
Si le gouvernement, par le truchement du ministre de l'Accès universel à l'eau et à l’électricité, Philippe Tonangoye, était monté au créneau pour promettre des compensations aux ménages impactés, ces "belles paroles" sont restées jusqu'à ce jour "lettre morte".
Lors de son discours sur l'état de la Nation, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a souligné une "faillite managériale de la SEEG" et un manque de transparence. Pour lui, la refonte annoncée à la SEEG a pour objectif de restructurer le secteur pour le rendre plus efficace et mieux répondre aux besoins des populations.
Le chef de l'État n'a pas manqué de fustiger "une entreprise qui peine à remplir ses missions". En clair, cette situation ne peut rester en l'état. Des investigations soignées doivent être menées avec neutralité et lucidité. Il ne s'agit pas de promettre un retour à la normale "dans les meilleurs délais", mais de travailler pour offrir la meilleure qualité de réseau et de service.
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