Le maire de la commune de Port-Gentil, Pascal Houangni Ambouroue, a procédé récemment, dans la salle Lambert Ona Ovono, à la restitution des résultats de l'audit conduit au sein de l'institution municipale, sur deux volets stratégiques majeurs : les ressources humaines et l'organisation administrative ; les finances, les mécanismes de recouvrement et le contrôle interne. En présence notamment de la gouverneure de province Françoise Assengone Obame, des autorités judiciaires, des chefs de quartier et du personnel municipal.
La démarche, a-t-il expliqué, s'inscrit pleinement dans la dynamique de réforme, de modernisation de l'action publique et de renforcement de la gouvernance portée au plus haut niveau de l'État par le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema. Elle répond, grosso modo, aux ambitions fixées en matière d'amélioration de la gouvernance publique, de renforcement de la transparence, de modernisation de l'administration et d'amélioration de la performance du service public.
Le diagnostic met en surface, une administration fonctionnant encore très largement sur des mécanismes manuels et sur une circulation massive de document papier. Les documents administratifs étaient dispersés, les archives insuffisamment structurées, les données non centralisées, les procédures peu formalisées et les mécanismes de traçabilité extrêmement fragiles. "Ce que révèle l'audit, ce ne sont pas uniquement des anomalies ponctuelles, il met surtout en évidence un affaiblissement progressif des fondamentaux de gestion, de contrôle et de pilotage administratif et financier", a déclaré Pascal Houangni Ambouroue, pointant du doigt plusieurs dysfonctionnements majeurs, notamment une insuffisante structuration des procédures administratives, une fragilité importante des mécanismes de contrôle interne, des difficultés de traçabilité documentaire...
Par ailleurs, rapporte le document de 155 pages, 507 des 954 agents disposent de dossiers sans diplôme ou justificatif exploitable, 53% des dossiers administratifs sont incomplets. De plus 68% du budget communal (soit les 2/3) est absorbé par la masse salariale, tandis que 47% du salaire brut moyen provient des primes et indemnités. Ajouté à ce tableau 14% seulement des effectifs ont moins de 35 ans, 65% ont entre 36 et 54 ans, 21% ont 55 ans et plus.
Le premier magistrat communal a ensuite décliné des mesures correctives déjà engagées par l'exécutif municipal et celles à venir. On retiendra, par exemple, la récupération progressive des diplômes et autres pièces justificatives manquantes dans les dossiers, identification des situations administratives nécessitant une régularisation, le renforcement du contrôle interne sur les affectations et les mouvements administratifs, le lancement d'un programme de fiabilisation des dossiers administratifs des agents, la mise en place d'outils modernes de pilotage des effectifs et de suivi de la masse salariale.
L'audit jette également un regard sur la gestion des prestataires. Ici on note une forte dépendance aux prestations externalisées dans plusieurs secteurs opérationnels et aussi des engagements financiers liés aux prestations qui présentent une traçabilité documentaire perfectible, tandis que des outils numériques de suivi des prestataires et marchés demeurent insuffisamment déployés.
Il (l'audit) recommande, dans le domaine financier, plusieurs réformes structurantes destinées à renforcer durablement la gouvernance financière. Déjà, relève-t-on, des actions de remédiation ont été initiées, notamment le contrôle des dépenses et des mécanismes de validation budgétaire.
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