Les résultats des premières élections professionnelles tenues le 28 avril sont connus. La Commission nationale des élections professionnelles, présidée par Alain Jules Monangze, après centralisation des rapports transmis par les commissions provinciales, indique qu'un total de 53 syndicats a atteint, pour le moment, le seuil de 10 %, à partir duquel les organisations syndicales sont reconnues représentatives au sein des différents départements ministériels.
Sur le plan global, il y a eu 36 501 votants sur un total de 56 865 inscrits. Soit un taux de participation de 64,20 %. Et sur les 34 044 suffrages valablement exprimés, l'application du seuil légal (avoir obtenu 10 % des suffrages exprimés) a permis de réduire de manière significative le nombre d'organisations syndicales appelées à siéger, dans un paysage particulièrement éclaté, marqué par la présence de 109 organisations syndicales alors en compétition.
Dans plusieurs ministères, la sélection s'est révélée stricte. Au département de l'Économie et des Finances, par exemple, seuls 2 syndicats sur 18 en lice ont franchi cette barre des 10 %. Même configuration dans le secteur de l'Éducation nationale où, malgré la participation de 25 organisations, 3 seulement émergent pour l'instant comme représentatives.
À cela s'ajoute une précision, sinon une particularité qu'apporte le procès-verbal de centralisation des résultats. Le document précise, en effet, que "le vote n'ayant pas eu lieu dans certains établissements, il sera réorganisé dans les structures concernées afin de garantir des résultats jugés représentatifs et fiables."
Faut-il préciser ici, sans verser dans aucune polémique, que le très célèbre Syndicat de l'Education nationale (Sena) avec ses 809 voix équivalant à 8,25 % n'a pas franchi les portes de la représentativité? Pour le moment certainement, puisque le scrutin, apprend-on, sera repris dans certains établissements.
À l'inverse, certains ministères, disions-nous, se distinguent par une configuration plus concentrée, avec un unique syndicat en lice ayant raflé l'ensemble des suffrages et des sièges, comme aux Affaires étrangères, aux Eaux et Forêts ou encore à la Fonction publique.
Dans d'autres administrations, des équilibres plus concurrentiels se dessinent, traduisant des rapports de force appelés à structurer le futur dialogue social.
Ces résultats provisoires ouvrent désormais la phase contentieuse. Les réclamations sont recevables depuis hier, et ce jusqu'à demain, 7 mai 2026 à 16 h 30, au siège de la Commission nationale des élections professionnelles, sis au gouvernorat de l'Estuaire à Libreville. La commission procédera à l'examen des recours les 8 et 9 mai, avant le déploiement du matériel électoral du 10 au 12 mai.
Le second tour du scrutin est, quant à lui, fixé au 13 mai 2026, de 7 h 30 à 16 h 30, conformément au nouveau chronogramme arrêté par la commission. Cette nouvelle échéance devra permettre de compléter le processus électoral, notamment dans les cas de carence ou d'irrégularités constatés.
En attendant l'issue définitive du processus, ces premières élections professionnelles suscitent déjà un satisfecit du ministre du Travail, du Plein-emploi, du Dialogue social et de la Formation professionnelle, Jacqueline Ilogue-Bignoumba, qui s'est félicitée d'un "scrutin globalement maîtrisé" sur l'ensemble du territoire, malgré quelques dysfonctionnements relevés çà et là.
Au terme de cette séquence inédite, il est donc clair qu'avec 53 syndicats désormais en position de représentativité, le dialogue social dans l'administration publique gabonaise entre dans une nouvelle ère, plus structurée, mais aussi plus exigeante en matière de légitimité et de négociations. Mais, seront-ils à la hauteur de ceux qui les ont votés ? Wait and see !
Sans ignorer certaines voix qui s'élèvent dans le paysage syndical national pour dénoncer des irrégularités dans la tenue du scrutin. Non sans demander leur annulation pure et simple (lire par ailleurs).
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