Le procès de l'Esther Miracle va reprendre demain, mercredi 1er avril 2026, à l'audience correctionnelle du Tribunal de première instance de Libreville. Le rôle affiché au Palais de justice a prévu 7 jours de débats, jusqu'au 10 avril.
Les prévenus sont connus : la société Royal Coast Marine, Noelson Gabriel Ranaivomanana (commandant du ferry Esther Miracle), Armand Blaise Mbadinga (directeur général de Royal coast marine), Fidèle Angoue Mba (ancien directeur général de la Marine marchande), Birane Diallo Pape (responsable de la transformation du navire), Paul Mivinga (responsable maritime de la province de l'Estuaire), Yague Seck Mame (commandant adjoint du bateau Amergé), Bernardin Endamane (ex-directeur de la Flotte à la Marine marchande), Ambroisine Bissagou-Mbadinga, Bertrand Zue Nguema (directeur provincial adjoint de la Marine marchande au moment du drame), Joseph Hans Ivombo Mamboundou et Loïc Larry Ndoumou Biyoghe. Idem pour les charges retenues à leur encontre : homicide involontaire, blessures volontaires, omission de porter secours, faux et usage de faux, mise en danger de la vie d'autrui.
La juridiction de jugement s'est donc donné une semaine pour se prononcer sur cette affaire qui n'a que trop duré. Avec un impératif d'éclairer les zones d'ombre et d'établir la responsabilité des uns et des autres. Ce que les rescapés, les familles des victimes et les personnes accusées attendent depuis 36 mois. Mais aussi l'opinion qui espère enfin en savoir plus sur un certain nombre de détails déterminants pour la manifestation de la vérité.
Pour l'heure, certaines personnes vont comparaître en qualité de détenus préventifs et d'autres avec le statut de libérés provisoirement. Ce qui questionne sur l'application des dispositions du Code de procédure pénale.
Cette loi dispose, en son article premier, que "la procédure pénale doit être équitable et contradictoire ; préserver l’équilibre des droits des parties ; garantir la séparation des autorités chargées de l’exercice de l’action publique et des autorités de jugement". Et, surtout, que "les personnes poursuivies pour les mêmes infractions et se trouvant dans des conditions identiques doivent être jugées selon les mêmes règles".
En considération de ceci, il est incompréhensible que certains soient laissés en liberté provisoire et d'autres continuent de croupir en prison, comme s'ils ne présentaient aucune garantie de représentation. Ce qui renforce la suspicion sur une politisation du procès.
L'on espère désormais que l'annonce de la reprise de l'audience ne sera pas un des gros poissons d'avril que l'on sert aux Gabonais depuis plus de 3 ans. Et que les lenteurs judiciaires décriées ont été gommées, en dépit de l'absence de conclusions d'une véritable enquête nautique, le placement hâtif sous mandat de dépôt, le report régulier du procès et les soupçons de corruption.
Pour rappel, ce procès intervient à la suite du naufrage du ferry Esther miracle survenu le 9 mars 2023, au large de Libreville. En partance pour Port-Gentil, le navire avait à son bord environ 200 passagers. Si 124 voyageurs ont pu être sauvés, l'accident de mer avait fait une trentaine de morts et 7 disparus. L'enquête liée à ce drame, le pire de tous les accidents (terrestres, aériens, maritimes et fluviaux) enregistrés au Gabon, a été menée à la fois par la direction générale des Contre-ingérences et de la sécurité militaire (DGCISM, encore appelée B2) et la direction générale des Recherches (DGR).
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