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Société & Culture

Éducation : la plateforme "Xgest" au coeur d'une polémique

Plateforme Xgest

Dans une note rendue publique le 25 mars dernier, s'adressant conjointement au directeur général de l'Enseignement secondaire et normal (DGSEN), au directeur général de l'Enseignement technique et professionnel (DGETP), aux directeurs d'Académies provinciales (DAP), aux directeurs des Zones académiques (DZA) et aux chefs d'établissements secondaires, le secrétaire général du ministère de l'Éducation nationale et de l'Instruction civique, Christian Louembet-Onguele, interdit "formellement la perception de frais pour l'accès à l'application Xgest".

Le lièvre était levé. Mais comment en est-on arrivé là ? Le prestataire a-t-il décidé volontairement de faire payer les utilisateurs de l’application ? Le ministère de l’Éducation nationale et de l’Instruction civique a-t-il rempli sa part de contrat dans ce dossier ? La digitalisation souhaitée et annoncée en grande pompe connaît-elle des limites ?

Pour en savoir plus, nos reporters ont mené quelques investigations. Il en ressort que l’application qui a été créée il y a 14 ans, dans le but de moderniser et de promouvoir la transparence et la bonne gouvernance, est le fruit d’un contrat reliant le ministère de tutelle au groupe Tereza. Une fois développée, elle devait être mise à la disposition du ministère de l’Éducation nationale après une période de 5 ans. Donc dès 2017. Le prestataire aurait rempli sa part de marché. Ce qui n'a pas été le cas du ministère.

Faisant face au rejet constant des autorités de l'Éducation nationale au sujet de la remise officielle de la plateforme, le promoteur, diton, s'est retrouvé à poursuivre la gestion de "Xgest" malgré l'absence de paiement.

"Accusant de nombreux retards de paiement, le ministère n’a pas rempli sa part de marché et pour assurer la survie du projet, cette mesure : l'abonnement payant, s’avère nécessaire. Et il faut noter que depuis 2020 nous n'avons perçu aucun franc, malgré de nombreux courriels envoyés et les travaux réalisés durant cette période", indique notre source.

Puis, subitement, la note du SG qui "revêt un caractère exécutoire immédiat", réagissant à la suite de nombreuses plaintes des parents d’élèves sur l’existence du paiement d’une somme de 1 000 F facultatif de services supplémentaires sur la plateforme mobile. Pourtant, selon nos informateurs, les usagers de la plateforme peuvent consulter les bulletins sans contrepartie. "Le paiement est facultatif et c’est à l’usager de décider de s’abonner s’il le souhaite", nous renseigne-t-on. Mais de l'avis du Secrétaire général du ministère concerné, "cette pratique est contraire au principe de gratuité de la scolarité prônée par les plus hautes autorités et instaurée depuis la période de la Transition jusqu'à l'avènement de la Ve République. C'est une violation des dispositions réglementaires encadrant le fonctionnement des établissements scolaires publics (...). Des enquêtes administratives ont d'ores et déjà été ouvertes afin d'identifier les auteurs impliqués dans cette pratique. Tout contrevenant s'expose à des sanctions administratives et disciplinaires conformément aux textes en vigueur".

L’avenir de la plateforme "Xgest" s’écrit-il désormais en pointillé ? Des réseaux ma  eux veulent-ils freiner la digitalisation de l’école gabonaise ? Autant de questions qui méritent des réponses a  n de mieux éclairer la lanterne de l'opinion et, surtout, de la communauté éducative.

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