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Chroniques

[Editorial]-Feuilles de route : un baromètre !

Lin-Joël Ndembet - Directeur de la Rédaction et Publication du Quotidien L'Union

Depuis quelques jours les membres du gouvernement se soumettent à un exercice inhabituel pour plusieurs d’entre-eux dans la pratique gouvernementale, consistant à décliner et expliquer les actions prioritaires de leurs différents ministères.

Ces priorités contenues dans une forme de catalogue de bonnes et grandes intentions ainsi que d’ambitions diverses, portent la feuille de route des 100 jours du gouvernement Oligui II. Une feuille qui représente bien plus qu’un simple agenda administratif, elle incarne ce qui s’apparente à un véritable contrat de performance pour chaque ministre.

Bien que faisant partie, sous d’autres cieux, du langage technique courant dans les arcanes gouvernementales où le procédé est systématique, dès la prise de fonction le président Brice Clotaire Oligui Nguema, en l’imposant à chacun de ses ministres, a engagé une rupture culturelle importante dans la gouvernance. Convaincu, sans aucun doute, après avoir tiré les enseignements des pratiques précédentes et des aspects positifs qui en découlent, qu’il faut rompre avec ce qui se faisait par le passé.

Pour le chef du gouvernement qu’il est, par ailleurs, l’idée est simple, la légitimité dont jouissent les uns et les autres ministres ne doit plus se mesurer au rang ou à la visibilité médiatique faite, trop souvent, d’agitation politicienne. Mais davantage à la capacité à produire des résultats tangibles et chiffrés dans un délai très court. Son message en direction des ministres paraît bien clair, tant il indique sans ambages que le temps de l’apprentissage est révolu, place à l’action. Pour ce faire, à la lecture des unes et autres feuilles de route, le temps imparti pour leur élaboration, après déclinaison, un contrat de performance formalisera leurs engagements. Contrat sur la base duquel, ils seront évalués à l’atteinte des objectifs assignés et des actions réalisées. Pour être maintenus ou pas.

Au-delà de ce mécanisme prévisionnel et de contrôle, tous les membres de ce pan de l’Exécutif doivent avoir à l’esprit qu’il y a, derrière, l’enjeu de leur crédibilité personnelle et plus généralement, de l’ensemble de l’équipe gouvernementale. Il s’agit de restaurer la confiance des citoyens dans l’action publique et démontrer que l’Exécutif peut répondre aux urgences (éducation, pouvoir d’achat, etc.) sans lenteurs administratives et autres pesanteurs. Il leur faut sortir de cette logique de tâtonnement, d’atermoiements et autre incapacité à agir souvent perceptibles lors des deux ou trois premiers mois d’entame de gouvernance. Tout simplement, faute de vision claire et aussi de moyens, à leur corps défendant.

Aujourd’hui, face à ce qui peut être considéré comme un nouveau baromètre de crédibilité gouvernementale, les ministres, jugés sur pièces, ne doivent pas oublier, un seul instant, que leur avenir politique, leur durée dans cette équipe, dépendra de leur capacité à transformer les engagements en réalités visibles dans le quotidien des Gabonais.

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