La note explicative signée du directeur général de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), Dr Olivier Rebienot Pellegrin, à l'attention de la présidente du Conseil d'administration (PCA) de cet organisme a révélé une affaire qui a commencé à faire grand bruit, suscitant des réactions diverses, commentaires, interprétations et accusations pour le moins infondées, remettant en cause les termes d'un contrat tripartite signé le 14 août 2023 entre la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs), la CNSS et une société de la fintech appelée Clikafrik.
De ce que l'on sait, à la lecture de cette note, dont nous avons reçu copie, une convention d'un montant de 3,2 milliards de FCFA passée, il y a environ deux ans et demi avec la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS), la Caisse nationale d'assurance maladie et de garantie sociale (Cnamgs) et la société précitée, aurait été conclue dans des conditions "opaques". Et c'est le directeur général de la CNSS, Dr Olivier Rebienot Pellegrin, qui l'aurait portée à la connaissance de sa présidente du conseil d'administration (PCA), il y a quelques jours, revèle le document.
Dans lesdits documents, l'on apprend que "ce contrat signé entre CNSS, CNAMGS et Clikafrik a été conclu dans des conditions opaques, rendant de facto son exécution problématique". Le DG de la CNSS ajoute que le contrat souffre d'un "non-respect des procédures". Selon lui, "le marché n'est pas conforme au Code des marchés publics (absence de mise en concurrence et de formalisation des besoins). Le montant de 3,2 milliards de FCFA est jugé excessif par rapport à une offre concurrente évaluée à seulement 800 millions de FCFA. Clikafrik a elle-même proposé, en février 2025, un avenant réduisant de moitié le coût initial, ce qui, selon les sources, confirme la dénonciation de surfacturation". Se sentant accusé à tort, l'entreprise n'a pas tardé à rompre le silence pour éclairer l'opinion sur les ressorts réels de cette affaire, que certains tentent d'exploiter pour discréditer et porter atteinte à l'image des anciens dirigeants de cette structure et singulièrement, Mark-Alexandre Doumba, aujourd'hui membre du gouvernement Oligui Nguema. Dans un communiqué parvenu à notre Rédaction, les responsables de Clikafrik éclairent davantage sur les contours réels de cette opération. Et refutent certaines allégations.
"Après saisine officielle des Caisses en date du 18 novembre 2022, le contrat liant Clikafrik à la CNSS et à la CNAMGS a été conclu par entente directe, conformément aux textes en vigueur et, surtout, après validation par les organes décisionnels compétents des Caisses (Comité de surveillance et de contrôle des organismes de protection sociale et conseil d'administration), respectivement les 17 juillet et 3 août 2023. Les pièces justificatives sont disponibles", souligne la note de l'entreprise.
Pis, l'entreprise ne se reconnaît pas dans les chiffres avancés. "Si le montant global de la plateforme s'élève à 1 223 094 600 FCFA pour les deux Caisses, il est important de signaler que le montant contractuel de la prestation de Clikafrik auprès de la CNSS s'élève à 611 millions de FCFA", indique-t-elle.
"Les montants de 3,2 milliards de FCFA évoqués publiquement ne correspondent à aucun engagement contractuel, ni à aucun document signé entre les parties. Sur toute accusation de surfacturation, aucun élément objectif ne permet d'étayer une quelconque surfacturation", proteste cette dernière.
Cité par la CNSS comme ayant joué un rôle dans ce dossier, Mark-Alexandre Doumba, gérant de la société Clikafrik à l'époque et actuel ministre de l'Économie numérique et de la Digitalisation, n'aurait, selon nos informations, pas usé de sa position pour enfreindre les dispositions légales.
À ce stade, Clikafrik dit être disposé à poursuivre le dialogue dans un cadre de transparence.
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