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Chroniques

[Miroir du gouvernement] - Éducation : l'urgence de la dignité

Juste KOMBILE MOUSSAVOU, journaliste, Responsable Rubrique - Politique à L'Union

Au Gabon, les années scolaires semblent parfois se suivre avec une inquiétante incertitude. À la clé, un calendrier scolaire souvent sauvé au terme de tensions et de négociations. L'année dernière encore, une grève a paralysé le secteur, faisant planer de sérieuses incertitudes sur la poursuite des enseignements.

Si l'année a finalement été sauvée, les causes de cette crise restent préoccupantes. Dans le pays, il est souvent question de réforme de l'éducation, de formation d'une jeunesse capable de relever les défis de développement. Des ambitions légitimes et nécessaires mais une question semble parfois oubliée : dans quelles conditions les enseignants exercent-ils leur métier ?

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Certes, cette année scolaire a débuté sans anicroche et des chantiers sont en cours, mais cette accalmie ne doit pas faire oublier les difficultés auxquelles restent confrontés les enseignants. Situations de présalaire, attentes de régularisation administrative, gestion d'effectifs pléthoriques, manque de bureaux et de matériels didactiques : les préoccupations persistent et alimentent le découragement au sein de la profession.

Un enseignant peut-il pleinement se consacrer à la réussite de ses élèves lorsqu'il doit lui-même faire face à l'incertitude de sa situation administrative ? La récente rentrée syndicale du Syndicat des enseignants de la base (SEB) a remis en lumière cette réalité qui mérite l'attention des pouvoirs publics.

Le SEB, qui a dit son ambition de redonner à l'enseignant gabonais la considération et la dignité qu'il mérite, a émis un signal. Celui de l'urgence d'apporter des réponses durables à une profession dont l'engagement ne saurait reposer indéfiniment sur le sacrifice et la résignation. "Nous ne demandons pas de privilèges", a martelé le syndicat qui a donné le ton de son combat pour cette année.

Le gouvernement ne gagnerait-il pas à saisir cette période d'accalmie pour traiter les problèmes de fond, plutôt que d'attendre que les frustrations accumulées débouchent sur une nouvelle paralysie du secteur pour agir ?

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