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Économie

Infrastructures : les chantiers confrontés au défaut de paiement

Lambert Mouvinde Millot, ministre des Travaux publics

La séance de travail autour du président de la République, mercredi dernier, était donc une invitation de Brice Clotaire Oligui Nguema au ministre des Travaux publics et aux entreprises concernées pour clarifier la situation des chantiers initiés depuis plusieurs mois. C'est que si certains sont à l'arrêt, d'autres avancent désormais à un rythme très lent.

La rencontre urgente convoquée par le chef de l'Etat est arrivée à point nommé, parce qu'elle a permis de discuter des points bloquants. La situation actuelle des projets est liée à un défaut de paiement. C'est la raison principale invoquée par les sociétés adjudicataires. Cela a été détaillé lors de la réunion, le même jour, entre le ministre des Travaux publics, Lambert Mouvinde Millot, et les responsables des entreprises CITP, Covec, Sinohydro et Porteo BTP.

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Les impayés envers la société chinoise Covec (engagée sur les axes Sibang-Bambouchine, Ndendé-Tchibanga et Tchibanga-Mayumba ) se chiffrent à plus de 20 milliards de FCFA. Du côté de Sinohydro, les discussions ont porté sur les projets Moanda-Bakoumba, Alembé-Mikouyi (octroyé aujourd'hui à Porteo BTP) et Ndendé-Doussala.

Là aussi, les difficultés financières, notamment l'arrêt des décaissements par la Banque africaine de développement (BAD), ont été soulignées, tout comme la volonté de l'entreprise de privilégier une solution amiable pour éviter un contentieux avec l'État gabonais.

Concernant spécifiquement le projet Ndendé-Doussala (46 km) réalisé à près de 55% et financé par la BAD, celle-ci a fermé le robinet depuis le 1er mars dernier, en représailles à l'attitude du Gabon qui n'aurait toujours pas régularisé ses arriérés. Les difficultés de ce chantier sont liées à l'accumulation des décomptes impayés d'un montant cumulé d'environ 7 milliards de FCFA.

Il est évident que si les parties prenantes à tous ces projets ont une volonté commune de les concrértiser, la disponibilisation et la sécurisation des financements constituent la condition sine qua non pour y arriver. D'où le célèbre trityque de l'armée : un homme, une mission et des moyens. Le défi pour le président de la République et le gouvernement dont il est également le chef est donc énorme.

L'on a souvenance que courant juin 2025, le président Brice Clotaire Oligui Nguema avait présidé la cérémonie de signature d'une convention avec le groupe ivoirien Porteo BTP, pour l'aménagement en béton bitumineux de la route reliant Alembe sur la Nationale 2, au village Mikouyi dans la province de l'Ogooué-Lolo, en traversant le Parc national de la Lopé. Soit un linéaire de près de 310 km, pour un financement global de 140 milliards de FCFA obtenu auprès de BGFIBank, courant juin 2025. Il reste à savoir si les fonds sont décaissés régulièrement.

Cela dit, il est désormais question de tout mettre en oeuvre pour lever les obstacles et garantir la livraison des infrastructures routières dans les délais impartis. Si la détermination du gouvernement est de voir tous les chantiers aller à leur terme, les entreprises ont aussi des engagements vis-à-vis des fournisseurs et de leurs salariés.

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