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De l'or, du sable, du manganèse...et plus une goutte d'eau claire

La rivière Kougouleu

On aimerait croire que l'eau, chez nous, est encore un bien sacré. Un droit, dirait-on. Une dignité, répète-t-on aujourd'hui du haut des discours officiels. Mais à Kougouleu comme à Ndjolé, la dignité s'arrête là où commence le robinet. Les voix des populations s'élèvent et s’indignent.

À Kougouleu, la rivière qui donnait son nom au village n'est plus qu'un let de boue. Une société d'extraction de sable s'est installée en amont, malgré les habitants qui suppliaient qu'on exploite en aval. On les a écoutés poliment, puis on a fait l'inverse. Résultat : plus d'eau pour laver, plus d'eau pour arroser, une fontaine solaire qui capitule au premier nuage, et une promesse de réparation qui dort dans un tiroir depuis qu'une route a été bloquée par des femmes à bout de patience.

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Même l'ONG BweteTe Bwete, lasse d'attirer l'attention des pouvoirs publics sur la question, ne sait plus à quel saint se vouer. À Ndjolé, c'est le manganèse qui trouble les eaux de la Missanga. Des robinets qui crachent un liquide sombre, chargé de particules, et un mouvement citoyen " Ndjolé Debout ", qui fait ce que les autorités auraient dû faire depuis longtemps : demander des analyses, une inspection, une vérité.

Deux localités, deux minerais, un même silence administratif. Les municipalités regardent ailleurs. La direction de l'Environnement archive. Les entreprises, elles, continuent de pomper, filtrer, laver et de rejeter leurs boues dans des cours d'eau qui ne leur appartiennent pas.

Combien de villages devront encore bloquer une route, publier des vidéos, écrire aux ministères, pour qu'on daigne simplement vérifier ce que tout le monde voit à l'oeil nu ? L'eau trouble n'a besoin d'aucun laboratoire pour être suspecte.

" Le Gabon parle de restaurer la dignité de ses citoyens. Qu'on commence par leur rendre une eau qu'ils peuvent boire, sans avoir à la conquérir ", lance Barack Nyare Mba, président du mouvement Ndjolé Debout.

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