"Les travaux doivent commencer. C’est pas quand je vais revenir avec le gouvernement pour les initier là-bas au Ndjobi, ils vont me dire, mais le président est venu, il nous avait dit ça, on initie. Tu dois commencer les maisons avant l’initiation du gouvernement au Ndjobi." Cette phrase du président Brice Clotaire Oligui Nguema a mis, ces derniers jours, Facebook, TikTok et WhatsApp en ébullition.
Objectif prêté à l’intention présidentielle : lutter contre la corruption, l’inaction et rappeler qu’accepter une fonction ministérielle ne serait pas seulement accéder à un poste prestigieux, mais accepter une responsabilité morale et politique devant la Nation.
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Plusieurs internautes affirment que le chef de l’État veut puiser dans les valeurs culturelles gabonaises pour accompagner la refondation des institutions. Dans un contexte où les Gabonais réclament plus de résultats, d’infrastructures et une administration débarrassée des vieilles pratiques malsaines. Mais l’idée d’un serment traditionnel fait débat.
Le Ndjobi est une institution traditionnelle et initiatique gabonaise, liée à la responsabilité, la solidarité, la cohésion sociale et au règlement de certains différends. Sa forte portée morale explique qu’on l’évoque quand il est question d’intégrité. Or, d'autres internautes soutiennent qu'aucun décret , aucun communiqué de la présidence ne confirme cette mesure.
Pour eux, la Constitution s’applique toujours. Les membres du gouvernement prêtent serment devant le président de la République, en présence de la Cour constitutionnelle. Ils s’engagent à respecter la Constitution et l’État de droit. Pour le moment, aucun article de la Constitution ne fait référence au Njobi.
Pourquoi ça buzze ? Trois ans après le 30 août 2023, Oligui Nguema martèle un nouveau discours : celui du "devoir de rendre des comptes" et de la "responsabilité". Dans ce contexte, l’idée d’un serment sur le Ndjobi, fait écho à une attente : plus d’éthique et de résultats. Mais la question qui se pose est celle de savoir comment la tradition pourra-t-elle intervenir dans le fonctionnement de l’État ?
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