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Économie

Le gouvernement revoit sa copie

Urgence hydrique à Libreville

Moins de vingt-quatre heures après l’annonce des mesures fortes destinées à mettre fin au trafic d’eau et à assainir un secteur jusqu’a lors structuré aux mains de ressortissants étrangers , l’Exécutif a opéré un net réajustement.

Face aux difficultés d’application sur le terrain de l’état d’urgence hydrique, le gouvernement a dévoilé un nouveau train de dispositions.

Parmi les annonces les plus marquantes figurent la réintégration des opérateurs privés dans les chaînes de distribution et de vente d’eau potable en cuves, une baisse conséquente des tarifs, ainsi que le déploiement de plusieurs numéros verts pour pallier les carences constatées dès le premier jour de cette opération exceptionnelle.

Ce revirement tombe à point nommé, alors que la colère et la frustration gagnaient de nombreux habitants du Grand Libreville, désemparés à l’aube de ce dispositif. Si certains acceptaient auparavant de payer le prix fort sans rechigner, ils se sont retrouvés perdus. D’autres, bien que saluant la réduction des prix, s’interrogeaient sur les modalités concrètes d’accès à l’eau, d’autant que le numéro vert annoncé s’est révélé, dans les faits, très difficile à joindre. Tout concourait à laisser penser que les autorités qui voulaient bien faire en réorganisation provisoirement la vente de l’eau potable, pour soulager les couches les plus vulnérables avaient davantage engendré un autre problème.

Si ce réajustement apporte une clarification bienvenue, confirme la ferme détermination des gouvernants de voler au secours des populations plongées dans une diète hydrique devenue intenable pour beaucoup d’entre elles, il n’en soulève pas moins des interrogations persistantes. Notamment sur le rôle des Forces de défense et de sécurité (FDS), appelées à seconder les opérateurs économiques, lesquels doivent désormais obtenir des habilitations auprès du ministère chargé de l’Eau.

La destination des sommes collectées interroge également, alors que des pratiques irrégulières ont été signalées lors du passage des camions-citernes dans certains quartiers. Il est ainsi fait état d’une absence de reçus ou de justificatifs de paiement. Par ailleurs, des rumeurs font état de tentatives de marchandage autour des prix pratiqués. Si ces allégations restent à confirmer, elles contribuent à alimenter un climat de défiance.

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L’autre point d’inquiétude réside dans le process de distribution de l’eau potable dans ce contexte de rareté de cette ressource en saison sèche, ce d’autant plus que de nombreux forages sont asséchés. Toutes les dispositions ont-elles été prises à cet effet ? La qualité de l’eau écoulée issue des forages et autres zones, sera-t-elle examinée avec l’implication des pouvoirs publics dans le circuit?

En définitive, si l’opinion publique peut se féliciter de cette révision, elle aurait souhaité que le gouvernement prenne le temps d’examiner tous les contours du dossier avant d’annoncer les premières mesures. Ce réajustement précipité donne, en effet, l’impression d’une marche trop rapide, qui aurait pu être évitée par une concertation et une évaluation préalables plus approfondies. Comme ce fut le cas, hier avant la réajustement opéré, au final, pour le bien des populations.

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