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Économie

Politique monétaire : la BEAC abaisse son taux d'appel d'offres à 4,50 %

Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC

Face au ralentissement de la croissance mondiale et à la persistance des incertitudes géopolitiques, le Comité de politique monétaire de la Banque des États de l'Afrique centrale ( BEAC ) a décidé d'assouplir sa politique monétaire. Cette orientation a été annoncée à l'issue de la 2e session ordinaire de l'année et les conclusions ont été rendues publiques lors d'une conférence de presse tenue le 29 juin dernier au siège de l'institution à Yaoundé, sous la présidence d'Yvon Sana Bangui, gouverneur de la BEAC, et suivie par visioconférence à Libreville.

Au regard de plusieurs facteurs économiques, le Comité a notamment décidé d'abaisser plusieurs taux directeurs afin de soutenir l'activité économique au sein de la Cémac, tout en veillant à préserver la stabilité monétaire. En effet, l'environnement international reste marqué par les tensions au Moyen-Orient et les menaces sur le détroit d'Ormuz. La croissance mondiale reculerait ainsi à 3,1 % en 2026, contre 3,4 % en 2025, tandis que l'inflation remonterait à 4,4 %. Malgré ce contexte, la Cémac conserverait une trajectoire relativement favorable avec une croissance de 3,2 %, après 3,4 % l'an dernier.

Pour ce faire, le comité a abaissé le taux d'intérêt des appels d'offres de 4,75 % à 4,50 % et celui de la facilité de prêt marginal de 6,25 % à 5,75 %. Les réserves obligatoires diminuent également de 7 % à 6,5 % sur les exigibilités à vue et de 4,5 % à 4 % sur celles à terme, tandis que le taux de la facilité de dépôt reste fixé à 0 %.

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Les indicateurs macroéconomiques confortent cette orientation. L'inflation sous-régionale resterait contenue à 2,4 %, sous le seuil communautaire de 3 %. Le déficit budgétaire se réduirait à 1,9 % du PIB, contre 3,7 % en 2025, tandis que le déficit courant reviendrait à 2,9 % du PIB. Les réserves de change progresseraient de 25 %, à 7 962,3 milliards de FCFA, représentant 4,72 mois d'importations contre 4,12 mois un an plus tôt.

Le gouverneur a également précisé que le gel temporaire du guichet spécial de refinancement ne signifie pas sa suppression. L'évaluation engagée vise à améliorer ce mécanisme ayant déjà soutenu des projets dans l'agro-industrie, les mines, les télécommunications et les transports, sans remettre en cause le financement des investissements productifs ni l'équilibre du système monétaire régional.

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