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Sport

Handball : le silence après le trophée !

Yannick Aubyang Milama, handballeur gabonais

Notre équipe nationale de handball est rentrée à Libreville dimanche 1er février, après plusieurs semaines de compétition continentale à Kigali. Une 27e édition conclue par un trophée, celui du président de la CAHB (lire ci-contre). Pourtant, au lieu des honneurs et la reconnaissance, les Panthères ont retrouvé le silence, l’attente et l’humiliation.

En effet, derrière les médailles et les trophées, se cachent une réalité amère. Après près d’un mois de compétition, aucun joueur n’a perçu la moindre prime. Ni la prime de regroupement, fixée à 600 000 FCFA, ni les primes de matches, évaluées à 350 000 FCFA par victoire. Une situation incompréhensible, voire indigne, au regard des efforts consentis et des résultats obtenus.

Plus grave encore, parmi les 18 Panthères figurent des travailleurs qui ont mis entre parenthèses leur vie professionnelle pour servir le drapeau national. Résultat : des salaires amputés pour le mois de janvier, sans compensation. "J'ai passé un mois à l'étranger pour défendre la patrie. Conséquence : je n'ai pas été payé par mon employeur. Je suis donc sans rien. J'ai perdu des deux côtés", renseigne un membre de la délégation.

Les joueurs expatriés, quant à eux, se retrouvent bloqués à Libreville, alors qu'ils étaient attendus hier lundi en clubs. Une gestion approximative aux conséquences bien réelles.

Le traitement réservé à cette sélection nationale est tout simplement déshonorant. Leur seul tort aura été de défendre valablement les couleurs du Gabon sur la scène africaine. L’État gabonais avait pourtant deux années pour préparer cette Coupe d’Afrique des Nations de handball. Deux années pour anticiper, budgétiser et assumer ses engagements.

À ce jour, non seulement les primes des joueurs restent impayées, mais les frais de participation à la compétition, estimés à 49 millions de FCFA, n’auraient toujours pas été soldés. Le Gabon étant le seul pays à ne pas avoir payé ces frais. Une situation qui tend à se généraliser. Pour preuve : les prestataires qui ont préfinancé tout le séjour des Panthères et de la délégation gabonaise lors de la CAN de football "Maroc 2025" n'ont toujours pas été payés deux semaines après la fin de cette compétition.

"Outre la facture impayée de la CAN 2025, l'État gabonais reste encore redevable de deux autres factures. Nous avons engagé des centaines de millions de francs et nous nous retrouvons financièrement en très grande difficulté. Mais nous gardons espoir que cette situation trouvera une solution car il y va de la survie de notre structure", nous a fait savoir un responsable de l'entreprise ASR, prestataire de l'État lors de la CAN au Maroc.

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