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Politique

Gouvernement : pas d'état de grâce !

Premier conseil des ministres de 2026

Il n’y aura ni période de rodage ni indulgence particulière. Une orientation réaffirmée par le chef de l’État lors du premier Conseil des ministres le 5 janvier, où il a posé les bases d’une méthodologie de gouvernance reposant sur trois piliers indissociables.

Le premier, le pilotage stratégique qui rend chaque ministre responsable d’un périmètre, clairement défini, assorti d’objectifs précis et de livrables identifiés, proscrit chevauchement et dilution des responsabilités ou d’ambiguïté dans l’action publique. Le deuxième, celui de la redevabilité selon lequel la responsabilité ministérielle sera exclusivement évaluée sur les résultats obtenus. Les membres du gouvernement devront rendre compte de manière régulière, factuelle et sans complaisance de l’exécution des missions qui leur sont confiées. Le président de la République a insisté sur l’instauration d’une véritable culture des résultats : l’action publique sera jugée sur son impact réel sur la vie des populations, la production nationale, l’emploi et la qualité des services publics.

Pour garantir cette dynamique, le chef de l’État a exigé, à travers les lettres de mission adressées aux ministres, la mise en place d’un dispositif commun, standardisé et non négociable de pilotage de l’action gouvernementale. Sous 30 jours, chaque ministre devra transmettre une feuille de route des cent jours. Sous 60 jours, un contrat de performance ministériel devra être proposé, avec des indicateurs clairs, mesurables et vérifiables, alignés sur le Programme national de croissance et de développement (PNCD) et les engagements présidentiels. Des rapports périodiques assureront un suivi rigoureux et continu de l’action gouvernementale.

Le cap est fixé, reste désormais à transformer les engagements en résultats tangibles. Sans doute, un test de crédibilité pour l’Exécutif d'autant plus que si les mécanismes annoncés sont appliqués avec rigueur et constance, ils pourraient amorcer une transformation durable de l’action publique. À défaut, ils risqueraient de rejoindre la longue liste des réformes bien conçues mais faiblement exécutées.

L’ambition affichée est réelle, mais son succès dépendra de la cohérence entre l’exigence présidentielle et la réalité des pratiques administratives et politiques. Sans quoi, la promesse d’un gouvernement des résultats pourrait se heurter aux limites d’un réformisme de façade.

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