La décision de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (Agasa) d’interdire formellement la commercialisation de certains produits artisanaux tels que le lait caillé, les jus d'oseille et de gingembre continue de faire réagir. Mardi dernier, un communiqué publié sur les réseaux sociaux a rapidement circulé. L’Agasa y invoquait des manquements graves aux normes d’hygiène et de sécurité alimentaire constatés lors de ses inspections.
Face aux nombreuses interprétations et inquiétudes, le directeur général de l’Agasa, Jean Delors Biyogue, est intervenu sur la première chaîne de télévision nationale pour apporter des précisions. Selon lui, cette décision ne constitue pas un blocage de l’activité économique mais une mesure de prévention pour protéger la santé des consommateurs.
"Nous avons constaté des irrégularités majeures, de la production au conditionnement des produits , a-t-il expliqué." Il cite notamment l’usage de bouteilles récupérées dans les poubelles pour le lait caillé ou les jus, ou des sachets exposés au soleil, entraînant des risques de contamination.
Jean Delors Biyogue a également précisé que l’Agasa compte accompagner les opérateurs économiques dans la mise en conformité. "Nous allons mettre à disposition des cahiers des charges pour que leurs installations fonctionnent comme de véritables mini-usines de transformation. Il s’agit de structurer et d’organiser ces activités afin que les produits proposés au public soient sûrs et ne constituent pas un danger sanitaire", a-t-il souligné.
L’objectif est de concilier sécurité alimentaire et préservation des activités génératrices de revenus pour les familles. Il précise que la surveillance sera renforcée sur le terrain grâce aux brigades d’inspection déployées dans chaque arrondissement. Toute infraction aux nouvelles dispositions entraînera des sanctions conformément à la législation gabonaise.
Le directeur général a insisté sur l’importance de ces mesures : "La santé publique est une priorité. Sept maladies sur dix proviennent de l’assiette. Contrôler les produits alimentaires, c’est prévenir les maladies, désengorger les hôpitaux et garantir la sécurité alimentaire de nos enfants et de la population."
L’Agasa invite par ailleurs tous les producteurs et revendeurs concernés à se présenter auprès des délégations provinciales pour leur enregistrement. À l’issue de ce processus, une liste officielle des opérateurs autorisés à poursuivre leurs activités sera publiée, validant ainsi leur conformité aux normes sanitaires.
Si cette décision provoque une certaine inquiétude chez les consommateurs et les vendeurs de quartier, elle témoigne d’une volonté claire des autorités gabonaises de mettre fin à la prolifération des produits artisanaux à risque et de garantir la sécurité alimentaire sur l’ensemble du territoire.
random pub
