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Société & Culture

SEEG : un incendie à l'origine du calvaire des Owendois

Poste source d'Owendo

Tout a basculé ce samedi à 16h30. Un incendie s'est déclaré au niveau du local 20 kV du poste source d'Owendo. En quelques minutes, l'alimentation électrique est coupée dans des quartiers entiers. La SEEG publie alors un communiqué : l'incident est acté, les équipes sont mobilisées, un rétablissement progressif est promis. Hier, au moment où nous mettions sous presse, soit plus de quarante-huit heures plus tard, le courant n'était toujours pas revenu à Owendo et dans d’autres zones du sud de Libreville. Aucun calendrier précis n'est communiqué, aucun point sur l'état des dégâts, aucun plan de reprise par zone. La mobilisation des équipes est annoncée, mais elle reste sans aucun effet pour les populations. Un incendie dans un local 20 kV en 2026 pose, par lui-même, des questions directes : quel est l'âge réel des équipements du poste source d'Owendo ? Quand a eu lieu la dernière inspection complète ? Quelles mesures de sécurisation et de redondance sont prévues pour qu'un incident local ne plonge pas une bonne partie du Grand Libreville dans le noir pendant 48 heures et plus? Pour répondre à toutes ces questions et inquiétudes, le message de la SEEG est cadré. Sur le fond, il laisse des zones d'ombre. Si la société reconnaît en filigrane les désagréments (les nuits difficiles, la chaleur, l'absence de ventilation, la putréfaction des aliments, etc.), elle ne répond pas au désarroi des populations. Elle n'indique aucun délai précis, aucune mesures d'urgence détaillées au-delà de la "mobilisation des équipes", aucun plan de reprise par secteur.

Pour de nombreux observateurs, ce communiqué est vite devenu le symbole d'un décalage entre le discours officiel et la réalité du terrain. Ce qui n'est pas sans conséquence, puisque là où manque l'électricité, on relève des vies désorganisées, des activités à l'arrêt. Pour les ménages, l'impact est immédiat. Les aliments stockés pourrissent, les médicaments nécessitant le froid sont menacés, les enfants révisent dans le noir. La nuit, la chaleur et l'absence de ventilation rendent le sommeil impossible, surtout pour les familles avec de jeunes enfants et les personnes âgées. L'obscurité dans les rues alimente par ailleurs un climat d'inquiétude, avec l'insécurité grandissante dans la cité. Mais ce sont les petites activités qui paient le prix le plus lourd. Pressing, coiffeurs, tailleurs, boutiques alimentaires : sans groupe électrogène, l'activité s'arrête. Les congélateurs dégivrent, les machines restent éteintes, les clients disparaissent. L'impact est immédiat et cumulatif. Une journée sans électricité, c'est du linge non rendu, des coupes non réalisées, des commandes non honorées.

Pour les micro-entrepreneurs qui vivent au jour le jour, la panne n'est pas un désagrément passager, c'est une menace directe sur la trésorerie. Une difficulté supplémentaire pour la survie. Un client perdu ne revient pas forcément. Une marchandise avariée ne se revend pas. Plus de deux jours sans électricité peut suffire à déséquilibrer un mois entier.

Plus qu'un simple communiqué lapidaire et incomplet, la SEEG doit davantage d'explications et d'engagement aux populations dans la détresse

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